Jeune tige de rosier (Rosa) avec aiguillon, coupe transversale (x4)

 

 

Le genre Rosa, qui donne son nom à la famille des Rosacées, regroupe des plantes qui se présentent principalement sous la forme d'arbrisseaux ou d'arbustes, parmi lesquelles on compte les rosiers, les églantiers ou encore les framboisiers. L'une des caractéristiques de ces végétaux est de porter au niveau de la tige des épines, souvent acérées et piquantes. En botanique, les épines possèdent différentes origines : il peut s'agir de feuilles entièrement modifiées (comme chez les cactus, ou l'épine-vinette), ou d'une partie de feuille devenue pointue (bord du limbe chez le houx ou l'Aloe vera, extrémité du limbe chez les agaves). Chez ces exemples, les épines apparaissent reliées au réseau vasculaire de la plante. D'autres épines, qu'il convient en réalité d'appeler aiguillons, tirent leur origine de l'épiderme ou des tissus sous-jacents (cortex) : c'est notamment le cas des piquants du rosier.

La section transversale étudiée sur cette page a été réalisée dans la tige encore jeune d'un plant de rosier, de manière à faciliter la coupe. La coloration choisie est un Etzold FCA très utilisé sur ce site : les cellules à parois lignifiées sont colorées en rouge/rose par la fuchsine basique, celles à parois subérifiées (quand elles existent) apparaissent en jaune/brun grâce à la chrysoïdine, et celles dont les parois sont restées cellulosiques ressortent en bleu grâce au bleu astral.

La coupe permet d'observer :

  • En surface, un épiderme composé d'une seule couche de cellules cubiques ou primastiques, et au niveau duquel s'ouvrent par endroit des stomates qui conduisent à des chambres sous-stomatiques.

  • Sous l'épiderme, une zone corticale que l'on peut segmenter en deux couches : une strate externe, composée de cellules renfermant des globules ou agrégats colorés et qui sont probablement des accumulations de tanins, et une strate plus profonde, constituée de cellules un peu plus grosses et irrégulières quant à leur forme, et qui ne contiennent pas de tanins. Les rosacées sont des plantes connues pour leur richesse en tanins, et leur présence dans le cortex de la tige ne doit donc pas nous étonner.

  • Le cortex laisse ensuite place aux tissus conducteurs, qui sont principalement secondaires (les formations primaires ayant été repoussées vers le centre dans le cas du xylème, et vers l'extérieur dans le cas du phloème). La fuchsine basique a coloré en rose le liber (bois), tandis que les cellules du cambium libéro-ligneux et du phloème sont teintées en bleu, leurs parois étant restées cellulosiques. On notera que le pachyte (terme désignant l'ensemble des tissus conducteurs secondaires) est ici presque continu. Effectivement, on peut encore distinguer des secteurs traversés par un mince parenchyme inter-fasciculaire, qui forme comme des rayons médullaires. En prenant de l'âge, le cambium inter-fasciculaire localisé à leur niveau se mettra à produire du xylème et du phloème, ce qui fermera définitivement le pachyte. Les faisceaux vasculaires apparaissent de plus coiffés par des arceaux de fibres, qui ne sont pour l'instant pas encore lignifiées (une tige plus âgée montrerait clairement à leur niveau des îlot de sclérenchyme).

  • Le centre de la coupe est occupé par de la moelle, composée de grandes cellules arrondies possédant une paroi mince et cellulosique. On notera que la surface occupée par cette dernière est plus que conséquente.

  • Enfin, en haut à gauche, on distingue nettement la proéminence triangulaire d'un éperon, à l'extrémité en cours de lignification, et dont la base semble ancré dans la partie la plus superficielle du cortex. L'intérieur de la structure est occupé par un parenchyme, sans que l'on puisse distinguer une vascularisation. Nous sommes donc bel et bien en présence d'un aiguillon, plutôt que d'une épine, qui serait elle porteuse d'éléments conducteurs. On peut également s'en convaincre en tentant de détacher des aiguillons à la main : ces derniers viennent facilement, en entraînant souvent avec eux des fragments épidermiques.

Diagnose sur la coupe : La symétrie radiale de l’organe indique que nous sommes en présence d'une racine ou d'une tige. Les stomates épidermiques ainsi que l'existence de tissus de soutien impliquent une croissance en milieu aérien, et favorisent donc clairement l'hypothèse de la tige. L'existence de formations secondaires oriente vers une plante dicotylédone. On ne manquera bien sûr pas de noter la présence de l'aiguillon, en soulignant son origine épidermique.

 

   
Jeune tige de rosier (Rosa), coupe transversale montrant épiderme cutinisé à stomates, cortex, faisceaux vasculaires et moelle, Etzold FCA (x15) L'image ci-dessus est annotée    

 

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