Tige de Selaginella involvens, coupe transversale (x5)

 

 

Les sélaginelles, appartenant aux ptéridophytes et regroupées dans le genre Selaginella, sont des petites plantes timides qui possèdent des tiges rampantes ou dressées, et sur lesquels sont insérées de petites feuilles lancéolées. D'une manière générale, il y a plus de chance d'en rencontrer dans les forêts tropicales que dans nos contrées tempérées. De façon remarquable, chez les sélaginelles les racines ne sont pas directement rattachées aux tiges, mais apparaissent portées par des structures particulières, les rhizophores. Apparentées aux fougères, les sélaginelles se reproduisent de manière sexuée en émettant des spores, avec cependant un niveau de sophistication intéressant. Les épis sporifères (strobiles) situés à l'extrémité de certaines tiges comportent deux types de sporanges, des micro-sporanges et des macro-sporanges. Ceux-ci vont respectivement produire des petites spores mâles et de grosses spores femelles, qui évolueront ensuite en micro-prothalles mâles et macro-prothalles femelles (les sélaginelles sont donc un bon exemple de plantes présentant à la fois une hétérosporie et une hétéroprothallie). Sur cette page, nous allons plus particulièrement nous intéresser à la tige.

La coupe transversale d'une tige de Selaginella involvens (la plus grande de toutes les sélaginelles) présentée ici a été colorée avec de l'Etzold FCA : les cellules à parois lignifiées sont colorées en rouge/rose par la fuchsine basique, celles à parois subérifiées (quand elles existent) apparaissent en jaune/brun grâce à la chrysoïdine, et celles dont les parois sont restées cellulosiques sont teintées en bleu par le bleu astral.

De l'extérieur vers l'intérieur, la coupe permet de distinguer :

  • Un épiderme, composé d'une seule assise de cellules, et ne présentant ni poils ni stomates.
  • Un cortex, clairement sclérenchymateux, formé d'une couche externe à petites cellules et d'une couche interne d'apparence plus parenchymateuse, avec de grandes cellules aux formes plus ou moins hexagonales.
  • Un stèle vasculaire centrale, comportant une arche de xylème, entourée de part et d'autre par du phloème, et sans moelle centrale. Cette protostèle est clairement séparée du cortex par un vide : contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas d'un artefact de coupe ayant conduit à une déchirure des tissus, mais une caractéristique anatomique des sélaginelles. Aussi étrange que cela puisse paraître, chez ces plantes, la stèle est comme suspendue dans une cavité centrale remplie d'air, en étant uniquement reliée au cortex par l'intermédiaire de fins prolongements, les trabécules, qui sont en fait des élongations de cellules de l'endoderme. On notera enfin la présence d'un péricycle parenchymateux assez épais, qui entoure les tissus conducteurs.

Le groupe des sélaginelles comporte environ 700 espèces, et de nombreuses variations de structures peuvent s'observer au niveau des tiges selon les sujets d'étude choisis. Ainsi, en fonction de l'espèce considérée, on peut rencontrer une seule stèle, deux stèles (comme chez Selaginella kraussiana), ou au contraire de nombreuses stèles disséminées dans le cortex. L'organisation de la stèle est également variable : à côté de la protostèle, illustrée ici avec Selaginella involvens, certaines espèces ont développé des siphonostèles (avec une moelle centrale). Le xylème peut aussi se présenter sous la forme d'une arche, de deux arches, ou de plusieurs arches.

 

   
Tige de Selaginella kraussiana avec feuille, coupe transversale, Etzold FCA (x10,5) L'image ci-dessus est annotée    

 

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