Jeune racine de ficaire (Ficaria), coupe transversale (x4)

 

 

La ficaire est une petite renonculacée à fleurs jaunes que l'on peut ramasser dans les lieux humides, comme le bord des cours d'eau, certains parcs ou zones boisées. Son appareil racinaire, dont il va être question ici, comporte deux types de racines. Aux côtés de racines longues et minces, servant à l'ancrage au sol et à l'absorption d'eau et de nutriments, on trouve également des racines plus courtes, renflées et charnues, qui servent non seulement au stockage des réserves, mais également à la reproduction végétative.

Observée au microscope, la racine de ficaire présente une symétrie axiale dans laquelle on reconnaît facilement deux zones bien distinctes : la zone corticale, très importante ici à cause d'une tubérisation (transformation de la racine en organe de réserve), et le cylindre central, qui renferme les tissus conducteurs (stèle).

La zone corticale externe (appelée parfois improprement écorce), très développée donc, comporte, de la périphérie vers le centre, une assise pilifère (le rhizoderme), une zone subéreuse primaire (imprégnation de la paroi des cellules les plus externes du cortex par de la subérine, ce qui les rend étanches et provoque la chute des poils absorbants), un parenchyme cortical parfois à méats qui sert au stockage des réserves (amyloplastes), et enfin un endoderme. Chez les dicotylédones, l'endoderme est formé par des cellules jointives dont les parois radiales sont imprégnées de lignine (bandes de Caspary, à comparer aux cadres de Caspary chez les monocotylédones). Ces secteurs étanchéifiés forcent un transit symplasmique de l'extérieur vers le cylindre central (passage obligatoire de l'eau et des solutés par les cellules de l'endoderme), la voie apoplasmique (espaces situées entres les parois cellulaires) étant de ce fait bloquée.

En comparaison de l'imposant cortex, le cylindre central apparaît de petite taille. Il comporte un péricycle, dont les cellules, qui forment une seule assise, alternent avec celles de l'endoderme, et des faisceaux cribro-vasculaires qui constituent une protostèle de type actinostèle.

Le xylème primaire est constitué de trachéides jeunes (annelées ou spiralées) formant un proto-xylème situé en position exarche (le pôle ligneux est à l'extérieur, contre le péricycle) et de trachéides plus âgées (réticulées, rayées ou ponctuées) formant le méta-xylème vers l'intérieur. La différentiation du xylème est donc centripète. Dans le cylindre central, le xylème forme une étoile à 4, 5 ou comme ici 6 branches (jamais plus).

Le phloème se présente quant à lui sous la forme de petits massifs qui alternent avec ceux du xylème. Le pôle phloémien, tout comme le pôle vasculaire, est externe, et la différentiation est donc là encore centripète. Cela restera la règle pour le phloème, tandis que le xylème, de centripète, deviendra tangentiel puis finalement centrifuge au niveau de la tige (phloème et xylème seront alors superposés).

Les espaces situés entre les massifs du phloème et du xylème sont occupés par une assise de parenchyme. Un petit parenchyme médullaire (moelle) peut exister au centre du cylindre central, mais dans les racines plus âgées, il finira par disparaître au détriment de la croissance du métaxylème.

Diagnose sur la coupe : La symétrie radiale, l'absence notable de tissus de soutien de type collenchyme ou sclérenchyme (qui ne serviraient ici à rien), la présence de poils absorbants, la position alterne du phloème et du xylème, et enfin la différentiation centripète de ce dernier permettent d'identifier la coupe comme étant celle d'une racine. L'endoderme à bandes de Caspary, ainsi que le petit nombre de faisceaux vasculaires (inférieur ou égal à 6) permettent de conclure avec justesse à une dicotylédone.

 

   
Racine de ficaire, coupe transversale, détail du cylindre central, carmino-vert de Mirande (x20) L'image ci-dessus est annotée    

 

Labrot © 1997-2026. Dernière mise à jour : 21 novembre 2016. Des commentaires, corrections ou remarques ? N'hésitez pas, écrivez moi! index