Phylloclade de Filao glauque (Casuarina glauca), coupe transversale (x8) |
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Au
sein du monde vivant, les végétaux constituent un groupe d'une
disparité proprement extraordinaire. Pour notre plus grand plaisir, cette formidable diversité s'exprime
aussi bien à l'œil nu qu'au niveau microscopique, et les observations
conduites avec un microscope permettent souvent
d'admirer des structures aussi magnifiques qu'instructives. Chez les
angiospermes, on compte plusieurs espèces que tout microscopiste se doit
impérativement de couper et d'observer un jour. C'est notamment le cas de la
tige lianescente des
aristoloches, l'un de mes sujets préférés. Un autre exemple, qu'il est certes un peu plus
difficile de se procurer, est constitué par les pseudos feuilles des
espèces du genre Casuarina, rattaché à la famille des Casuarinacés. Les Casuarina sont des arbres originaires d'Australie et d'Asie, dont les branches et rameaux portent des ramilles filiformes vertes et pendantes, que l'on pourrait de prime abord facilement confondre avec des aiguilles de conifères. Pourtant, les Casuarina font bel et bien partie des angiospermes, et une exploration microscopique s'impose alors pour tenter de comprendre la structure de ces étonnants appendices. La coupe d'une ramille verte de Casuarina glauca étudiée sur cette page a été colorée par la technique de l'Etzold FCA : un mélange de fuchsine basique qui colore en rouge/rose les cellules à parois lignifiées, de bleu astral qui teinte en bleu les parois des cellules restées cellulosiques, et enfin de chrysoïdine qui permet de mettre en évidence dans des tons jaune/brun des tissus éventuellement subérifiées ou cutinisés. Des coupes de Filao à feuilles de prêle ou Pin australien (Casuarina equisetifolia) sont également présentées à titre de comparaison. Vue au travers d'un microscope, notre coupe dévoile une structure radiale très esthétique, bien différente des structures en lames ou bilatérales (pétioles) que l'on trouve toujours chez les feuilles. En y regardant de plus près, on peut distinguer :
Diagnose sur la coupe : La présence d'une symétrie radiale, en lieu et place de la symétrie bilatérale et de la forme aplatie en lame que l'on serait en droit d'attendre d'une feuille laisse penser que nous avons affaire plutôt à une tige ou à une racine. La présence de stomates et de sclérenchyme, et le développement endarche du xylème indiquent clairement un organe aérien, donc une tige, qui ici mime une feuille : nous sommes donc en face d'un cladode, comme celui du fragon petit houx, ou plus précisément d'un phylloclade. L'épaisse cuticule épidermique, le sclérenchyme des crêtes, et la situation des stomates, engoncés dans des sillons (qui rappellent un peu les cryptes de la feuille de Laurier rose ou de l'Oyat), sont autant d'adaptations à un environnement aride (caractères de plantes xérophytes). Enfin, la présence au niveau du xylème d'éléments soit de petit diamètre (trachéides, fibres), soit de grand diamètre (trachées), en font un xylème hétéroxylé, typique de celui des angiospermes (par opposition au xylème homoxylé des gymnospermes). |
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