Ovaire de lys (Lilium), coupe transversale, structure d'un ovule (x20)

 

 

Cette coupe transversale d'un ovaire de lys (lilium) a été colorée par le mélange hématoxyline/éosine : les noyaux apparaissent en violet, et les parois ainsi que le cytoplasme en rose. Comme nous l'avons vu ici, l'ovaire de lys est syncarpique, tricarpellaire, triloculaire, à placentation axile. Dans cette page nous allons nous pencher sur les ovules, qui une fois fécondés avec succès par le pollen deviennent des graines, tandis que l'ovaire (chez les angiospermes) se transforme en fruit. Dans le cas du lys, les ovules sont en position anatrope, ce qui signifie que ces derniers sont renversés, et que le funicule est soudé au tégument externe, tandis que la chalaze et le micropyle sont alignés. Voyons en détails ce qui se cache derrière ces termes un peu barbares mais au combien utiles pour le botaniste.

En botanique, l'ovule est la structure qui renferme le gamète femelle. Il est composé d'un tissu fondamental charnu et central, le nucelle (l'équivalent d'un sporange, comme le sont les sacs polliniques pour la partie mâle de la fleur), et entouré par une ou plusieurs couches de cellules protectrices, qui constituent le tégument ovulaire (ce sera le tégument de l'éventuelle future graine). Au centre de l'ovule se trouve le sac embryonnaire et ses huit noyaux. Ce dernier représente le macro gamétophyte femelle (par opposition au pollen qui fait office de micro gamétophyte mâle). Pour permettre le passage du tube pollinique et la double fécondation du sac embryonnaire, une ouverture est ménagée dans le tégument et le nucelle : c'est le micropyle. Sur les graines, le micropyle est obstrué, mais sa position peut encore se deviner sous la forme d'une cicatrice subtile, à moins que cette dernière ne soit masquée sous une caroncule (une expansion des bords du micropyle qui prend la forme d'une petite excroissance chez certaines espèces).

Dans l'ovaire, l'ovule est relié au placenta (un bourrelet de la paroi carpellaire) par un petit pédoncule, le funicule. Quoi qu'il arrive, ce dernier restera toujours sur le fruit, et ne se détachera jamais pour partir avec la graine. Le point d'insertion du funicule sur l'ovule s'appelle le hile (qui laisse une cicatrice du même nom sur le tégument de la graine). Le funicule ne sert pas uniquement à soutenir l'ovule, mais il permet aussi à ce dernier d'être connecté au réseau vasculaire de la plante, qui achemine sève brute et sève élaborée. L'endroit où les faisceaux vasculaires se divisent à l'extrémité du funicule (au-dessus du hile) pour irriguer les tissus de l'ovule s'appelle la chalaze.

Chez les ovules anatropes, la soudure du funicule sur le tégument de l'ovule laissera sur la graine une cicatrice visible portant le nom de raphé. Comme le montre la photomicrographie ci-dessus, le hile et le micropyle sont proches l'un de l'autre à l'extrémité inférieure du raphé (vers le placenta), tandis que la chalaze est plus en hauteur, à l'extrémité supérieur du raphé, au-dessus du sac embryonnaire. Chalaze et micropyle sont par ailleurs alignés sur une verticale.

 

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