Épi sporifère de l'ophioglosse commun (Ophioglossum vulgatum), coupe longitudinale (x1)

 

 

L'Ophioglosse commun (Ophioglossum vulgatum) est une timide fougère qui à cause de sa petite taille peut facilement passer inaperçue si on ne recherche pas activement sa présence. Appelée également langue de serpent, elle ne ressemble absolument pas aux fougères dont on a l'habitude. Plutôt rare (c'est une espèce généralement protégée), il est possible de la rencontrer au niveau de stations acides et oligotrophes telles que les prairies humides, le sol des forêts ou encore la bordure de certaines rivières. La plante possède un court rhizome vertical, muni de nombreuses racines adventives, et sur lequel pousse chaque année une seule et unique feuille.

La feuille de l'Ophioglosse est constituée de deux parties bien distinctes. La première section, qui prend la forme d'un limbe vert à la nervation réticulée, est stérile. Celui-ci engaine le pétiole d'une fronde fertile verte elle aussi mais très modifiée, limitée à un rachis (ce terme désignant l'axe principal d'une feuille) qui prend la forme linéaire d'un épi sporifère. C'est ce dernier qui va nous intéresser ici.

La coupe longitudinale médiane d'un épi sporifère d'Ophioglossum vulgatum présentée ici a été colorée par de l'Etzold FCA. Les cellules à parois lignifiées sont colorées en rouge/rose par la fuchsine basique, celles à parois subérifiées (quand elles sont présentes) apparaissent en jaune/brun grâce à la chrysoïdine, et celles dont les parois sont restées cellulosiques sont teintées en bleu par le bleu astral.

Comme le montre clairement la coupe, la fronde sporifère est caractérisée par l'alignement de paires de sporanges (on en compte ici une trentaine) enfoncés dans la masse d'un parenchyme fondamental, globuleux et non protégés par une indusie. Suivant l'âge des individus prélevés pour réaliser les sections, il est possible d'observer différents stades d'évolution des sporanges. Sur la coupe dont il est question ici, on note que les sporanges situés juste à la base de l'épi apparaissent différents de ceux portés plus haut. Au niveau des premières paires de sporanges, on peut observer un tissu sporifère dense composé de cellules imbriquées les unes dans les autres, certaines présentant des figures de division. Pour les sporanges plus matures situés plus en hauteur sur l'épi, le tissu sporifère se fait plus lâche, tandis que les cellules mères sporifères se transforment en spores.

Les ophioglosses sont rangés dans le groupe assez restreint des eusporangiés. Ce groupe caractérise des espèces de ptéridophytes dont les sporanges possèdent une paroi épaisse, formée de plusieurs couches de cellules, et qui proviennent de l'activité d'un grand nombre de cellules issues de l'épiderme.

Sur un épi d'Ophioglosse mûr, l'ouverture des sporanges se fait par l'intermédiaire d'une fente de déhiscence, sans qu'il y ait intervention d'une structure plus complexe, comme par exemple l'anneau mécanique déhiscent des sporanges de polypode. Chez l'Ophioglosse, les spores dites trilètes sont toutes identiques entre elles (caractère homosporié), et en germant, elles vont donner naissance à un prothalle souterrain porteur à la fois d'anthéridies et d'archégones. Au cours de leur croissance, ces prothalles établiront des relations symbiotiques avec des hyphes de champignons mycorhiziens.

 

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