Marchantia polymorpha, coupe transversale du thalle montrant les chambres aérifères (x20)

 

 

Marchantia polymorpha est une mousse classée parmi les hépatiques à thalle. Par thalle, on entend une lame verte chlorophyllienne qui se développe horizontalement en avançant sur le sol, et qui chez Marchantia est ramifié dichotomiquement. Une coupe transversale, comme celle présentée sur cette page, dévoile une structure étonnamment complexe.

  • Chez Marchantia, la face dorsale du thalle apparaît structurée en chambres aérifères aplaties, qui sont chacune dotée en leur centre d'une ouverture, le pore aérifère ou stomate. Les stomates des chambres aérifères sont constitués par quatre étages de quatre cellules qui mises ensemble forment comme un tonnelet (cette structure cylindrique n'apparaissant par forcément sur les coupes, car sa visibilité dépend de l'orientation combinée du stomate et du plan de coupe). Examinée par le dessus avec une loupe, la face dorsale du thalle dévoile une texture faite d'arrangements de losanges. Chaque losange représente le toit d'une chambre aérifère, percée en son milieu du stomate.

  • Sur une coupe transversale, le microscope montre clairement qu'au niveau du plancher des chambres aérifères sont disposées une multitude de filaments riches en chloroplastes. Ces extensions chlorophylliennes rappellent un peu les lamelles que l'on trouve sur les feuilles de certaines mousses à feuilles, comme le polytric. Combiné à l'épiderme supérieur chlorophyllien, ces chambres aérifères constituent l'appareil assimilateur de Marchantia.

  • En dessous des chambres aérifères, le thalle présente de grandes cellules plus ou moins polygonales, sans chloroplastes, et dont certaines contiennent des oléocorps, de grosses gouttelettes lipidiques que l'on rencontre couramment chez les hépatiques (aucune cellule à huile n'est visible sur la coupe décrite ici, mais on peut en voir plusieurs ici).

  • La face inférieure ou ventrale du thalle comporte quelques couches de cellules dont la paroi porte des épaississements réticulés. Cette face supporte deux types de structures, qui jouent un rôle dans l'ancrage du thalle au niveau du sol, et dans une moindre mesure dans l'absorption de l'eau et des sels minéraux (l'absorption pouvant en réalité avoir lieu sur toute la surface du thalle) : des sortes d'écailles pluricellulaires, les amphigastres, et des rhizoïdes unicellulaires, qui sont de deux types. On distingue en effet des rhizoïdes lisses et des rhizoïdes porteurs de tubercules (excroissances arrondies ou cylindriques portées par les parois).

Notons pour terminer que le thalle de Marchantia supporte également des corbeilles à propagules, qui servent à assurer la reproduction végétative, ainsi que des structures porteuses de gamètes (les gamétangiophores), semblables à des petits chapeaux très esthétiques et qui sont quant à elles impliquées dans la reproduction sexuée.

 

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