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Marchantia
polymorpha est une mousse classée parmi les hépatiques à thalle. Par
thalle, on entend une lame verte chlorophyllienne qui se développe
horizontalement en avançant sur le sol, et qui chez Marchantia
est ramifié dichotomiquement. Une coupe transversale, comme celle
présentée sur cette page, dévoile une structure étonnamment complexe.
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Chez Marchantia,
la face dorsale du thalle apparaît structurée en chambres aérifères
aplaties, qui sont chacune dotée en leur centre d'une ouverture, le
pore aérifère ou stomate. Les stomates des chambres aérifères sont
constitués par quatre étages de quatre cellules qui mises ensemble
forment comme un tonnelet (cette structure cylindrique
n'apparaissant par forcément sur les coupes, car sa visibilité
dépend de l'orientation combinée du stomate et du plan de coupe).
Examinée par le dessus avec une loupe, la face dorsale du thalle
dévoile une texture faite d'arrangements de losanges. Chaque
losange représente le toit d'une chambre aérifère, percée en son
milieu du stomate.
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Sur une coupe
transversale, le microscope montre clairement qu'au niveau du
plancher des chambres aérifères sont disposées une multitude de
filaments riches en chloroplastes. Ces extensions chlorophylliennes
rappellent un peu les lamelles que l'on trouve sur les
feuilles
de certaines mousses à feuilles, comme le polytric. Combiné à l'épiderme supérieur
chlorophyllien, ces chambres aérifères constituent l'appareil
assimilateur de Marchantia.
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En dessous des
chambres aérifères, le thalle présente de grandes cellules
plus ou moins polygonales, sans chloroplastes, et dont certaines
contiennent des oléocorps, de grosses gouttelettes lipidiques que
l'on rencontre couramment chez les hépatiques (aucune cellule à
huile n'est visible sur la coupe décrite ici, mais on peut en voir
plusieurs
ici).
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La face inférieure ou
ventrale du thalle comporte quelques couches de cellules dont la
paroi porte des épaississements réticulés. Cette face supporte deux types
de structures, qui jouent un rôle dans l'ancrage du thalle au niveau
du sol, et dans une moindre mesure dans l'absorption de l'eau et des sels
minéraux (l'absorption pouvant en réalité avoir lieu sur toute la surface du
thalle) : des sortes d'écailles pluricellulaires, les amphigastres,
et des rhizoïdes unicellulaires, qui sont de deux types. On
distingue en effet des rhizoïdes lisses et des rhizoïdes porteurs de
tubercules (excroissances arrondies ou cylindriques portées par les
parois).
Notons pour terminer que
le thalle de Marchantia supporte également des
corbeilles à propagules, qui servent à assurer la reproduction
végétative, ainsi que des structures porteuses de gamètes (les
gamétangiophores), semblables à des petits
chapeaux
très esthétiques
et qui sont quant à elles impliquées dans la reproduction sexuée.
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