Marchantia Polymorpha, coupe transversale du thalle, corbeilles à propagules (x10)

 

 

L'hépatite des fontaines (Marchantia polymorpha) est une mousse commune appartenant au groupe des hépatiques à thalles. Si elle est parfois invasive (par exemple en pépinière), elle est aussi très utilisée comme modèle en laboratoire. Pour son développement, elle privilégie les milieux humides, et affectionne dans la nature les endroits frais et ombragés comme les fontaines, la berge des étangs, le sol des forêts ou encore les murailles.

L'appareil végétatif de Marchantia polymorpha est une lame verte chlorophyllienne (le thalle) ramifié dichotomiquement, et très différencié. Ce thalle comporte en effet des chambres aérifères et assimilatrices, ou de grandes cellules renfermant des vésicules huileuses, les oléocorps. La face inférieure, ventrale, supporte des rhizoïdes unicellulaires à fonction fixatrice et absorbante, ainsi que des appendices pluricellulaires, les amphigastres.

En dehors de la reproduction sexuée, qui implique la mise en place d'organes spéciaux porteurs de gamètes mâles et femelles (les gamétangiophores, qui chez Marchantia polymorpha ressemblent à des petits parasols fixés sur le thalle), les mousses peuvent aussi se propager par voie végétative (donc sans fécondation suivie d'une réduction chromatique), ceci par différents moyens. Cette reproduction asexuée peut avoir lieu par simple fragmentation du gamétophyte (feuille, thalle ou protonéma) dans un processus un peu semblable au bouturage, ou impliquer au contraire des structures spécialisées appelées propagules.

D'une manière générale, les propagules prennent la forme soit de cellules isolées, soit de massifs pluricellulaires plus ou moins complexes et différentiés, capables à maturité de se séparer de la plante mère et de régénérer un individu complet après dissémination. D'aspects variés, les propagules peuvent prendre naissance un peu partout, sur le protonéma, les rhizoïdes, les feuilles et les tiges des mousses. Chez les hépatiques sophistiquées comme Marchantia, une mousse qui aime manifestement bien faire les choses, les propagules pluricellulaires sont regroupées au sein de jolies petites cupules vertes de quelques millimètres de diamètre, disposées sur la face dorsale (le long de la ligne médiane) et appelées très justement corbeilles à propagules.

La coupe transversale d'un thalle de Marchantia polymorpha présentée sur cette page et colorée par le mélange safranine/bleu astral passe au beau milieu d'une corbeille à propagules. Elle permet d'observer la corbeille et ses bords rehaussés, ainsi que les nombreuses propagules, dont la nature pluricellulaire est clairement apparente. Les propagules prennent la forme de massifs cellulaires lenticulaires ou discoïdaux d'une taille moyenne de 500 microns. La plupart des cellules des propagules sont chlorophylliennes, ces dernières incluent également des stomates, des cellules à huile et des rhizoïdes. Deux petites encoches sont situées au milieu de chaque propagule, et marquent l'emplacement d'une rangée de cellules méristématiques apicales.

Les propagules en formation sont rattachées à la base de la corbeille par un fin pédicelle. A maturité, elles se détachent en emportant leur pédicelle et peuvent alors facilement être emportées à l'écart de la plante mère, généralement par un flux d'eau. Sur le fond des corbeilles sont implantés des poils mucilagineux qui peuvent s'imbiber d'eau pour faciliter la dispersion des propagules. Celles-ci germent immédiatement dès qu'elles entrent en contact avec le sol.

 

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