Marchantia polymorpha, coupe transversale d'un chapeau mâle avec anthéridies (x4)

 

 

Marchantia polymorpha est une mousse du groupe des hépatiques qui affectionne les endroits frais et ombragés. Les structures porteuses des gamètes mâles et femelles, les gamétangiophores, apparaissent généralement à la fin du printemps au niveau des régions du thalle où la nervure médiane de la face supérieure se scinde en deux par dichotomie. L'espèce est dioïque, et il existe donc des thalles femelles et des thalles mâles.

Comme chez les individus femelles, les gamétanges mâles ressemblent à des petits chapeaux ou parapluie, portés par un pédoncule généralement court, mais qui peut dans certains cas s'allonger considérablement. Le chapeau mâle possède 8 lobes, et ces derniers sont moins distincts et échancrés que les 9 lobes des chapeaux femelles.

Les anthéridies apparaissent sur la face supérieure des chapeaux, entre les lobes, à partir de cellules méristématiques situées dans des petites cryptes. Les anthéridies les plus jeunes se mettent en place près de la marge du disque, tandis que les plus anciennes apparaissent localisées près du centre. Des chambres aérifères séparent les anthéridies les unes des autres.

Le développement d'une anthéridie implique la division multiple d'une cellule méristématique initiale au fond d'une petite dépression, dont les cloisonnements successifs vont conduire à l'apparition d'un petit sac fermé par une paroi d'épaisseur unicellulaire, monté sur un court pédicelle ancré au fond de la crypte, et dont l'intérieur est occupé par un massif de cellules mères spermatogènes. Ces cellules vont ensuite donner naissance à des spermatides, qui se transformeront ensuite en spermatozoïde (ou anthérozoïde) flagellés.

Les anthérozoïdes de Marchantia ressemblent à ceux d'autres mousses. Ils possèdent un noyau très allongé entouré d'un film cytoplasmique. A l'extrémité inférieure est fixé une vésicule postérieure, tandis que deux longs flagelles sont insérés à l'extrémité opposé, au niveau du complexe apical.

Une fois parvenue à maturité, la partie supérieure des anthéridies va éclater, libérant alors les spermatozoïdes à l'extérieur. A la faveur d'un film d'eau, indispensable à la reproduction, ces anthérozoïdes vont nager en direction des archégones des chapeaux femelles, vers lesquels ils sont attirés par chimiotactisme positif. L'union d'un anthérozoïde et d'une oosphère donnera naissance à un zygote, qui se développera ensuite en une capsule sporifère, le sporogone.

 

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