Feuille de polytric (Polytrichum) avec lamelles chlorophylliennes, coupe transversale (x4)

 

 

Les polytrics sont des mousses très communes en forêts qui forment des petites touffes (hautes généralement d'une dizaine de centimètres) à même le sol ou au pied des arbres. L'appareil végétatif de chaque individu est formé d'une tige cylindrique non ramifiée, sans racines véritables, et qui porte tout autour d'elle des feuilles étroites et pointues sans pétiole et dont la base est engainante.

En coupe transversale et observées au microscope, les feuilles de polytric dévoilent une structure aussi intéressante qu'esthétique. Au niveau de la face inférieure (dorsale), on observe une assise similaire à un épiderme, constituée de cellules à parois très épaisses, ainsi qu'un tissu de soutien un peu analogue au collenchyme des plantes supérieures vasculaires, là aussi avec des cellules à parois épaissies. Cette zone comporte également des éléments à rôle conducteur qui forment des pseudo-nervures (les mousses n'étant pas classées parmi les végétaux vasculaires, elles ne possèdent ni xylème ni phloème).

Sur la face supérieure (ventrale) des feuilles se trouvent insérées d'élégantes lamelles chlorophylliennes, ancrées perpendiculairement à la surface de la feuille. Chaque lamelle est constituée de cellules riches en chloroplastes et qui sont empilées les unes sur les autres pour former une colonne. Entre les lamelles subsistent des espaces étroits et profonds. Chez le polytric, on compte environ une soixantaine de lamelles chlorophylliennes par feuille. Ces dernières fonctionnent de concert avec d'autres cellules dotées de chloroplastes et qui sont disséminées dans la feuille.

L'organisation en lamelles des feuilles de polytric augmente considérablement la surface de contact avec l'extérieur, ce qui favorise la captation de la lumière et du CO2 nécessaire à la photosynthèse, tout en gardant la surface d'évaporation sous contrôle (l'espace étroit existant entre les lamelles limite ainsi les flux d'air convectifs, tout en permettant la rétention de l'eau par capillarité).

Les mousses n'étant pas équipées de racines véritables, le rôle d'absorption de l'eau est souvent dévolu aux feuilles. Chez le polytric, lorsque l'atmosphère est humide, les feuilles sont étalées, tandis qu'en atmosphère sèche, elles se redressent pour se presser contre la tige, en présentant leur face inférieure, cutinisée, à l'extérieur. Les pertes d'eau par évaporation sont alors fortement freinées (de vert sombre, les touffes de polytric changent alors de couleur pour devenir vert jaunâtre). Les mousses possèdent une capacité étonnante de reviviscence, qui leur permet de se dessécher sans toutefois mourir, pour reverdir et prospérer dès que l'eau revient. Comparés à d'autres, ces végétaux restent cependant étroitement dépendants de l'eau, à la fois pour leur développement mais aussi pour leur reproduction.

 

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