Capsella bursa-pastoris, coupe transversale d'une silicule avec embryons immatures (x10) |
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La
capselle bourse à pasteur (Capsella bursa-pastoris) est une petite
plante herbacée très commune, que l'on peut rencontrer un peu partout,
même en ville, et qui appartient à la famille des brassicacées
(crucifères). Elle tire son nom de la forme de ses fruits, des petites
poches à l'allure de coeur presque aussi hautes que larges qui évoquent
un sac de berger. Chez les plantes à fleur, après la double fécondation du sac embryonnaire par les tubes polliniques, la paroi de l'ovaire va continuer sa croissance et se transformer en fruit, tandis que les ovules donneront des graines. Chez la capselle, la paroi de l'ovaire va se rigidifier par lignification (formation du péricarpe), et donner naissance à un fruit sec qui s'ouvrira à maturité pour libérer les graines (10 à 15 environ). Ce type de fruit est appelé une capsule, et, dans le cas particulier qui nous occupe ici, une silique. Unique type de fruit connu chez les brassicacées, la silique est constituée de deux carpelles soudées par leur bord pour former un ovaire uniloculaire (à une seule loge). Les ovules sont quant à eux insérés sur des placentas localisés au niveau des zones de sutures carpellaires. Après la fécondation, une cloison étroite va se développer pour scinder en deux l'ovaire, qui d'uniloculaire va se transformer en ovaire biloculaire (cette cloison, qui sépare pourtant véritablement en deux l'ovaire, reste néanmoins souvent appelé fausse cloison dans la littérature). Contrairement à d'autres siliques qui sont généralement très allongées, les botanistes utilisent le terme de silicule pour désigner des siliques trapues, presque aussi haute que large, isodiamétriques, comme celle de la capselle bourse à pasteur. Lorsque le fruit de la capselle arrive à maturité, il va s'ouvrir le long de deux paires de fentes de déhiscence, qui pour chaque carpelle vont apparaître au niveau des placentas (la déhiscence est donc paraplacentaire). Ces quatre fentes (deux par carpelles donc) vont délimiter deux valves stériles ainsi qu'un cadre fertile porteur de graines. Celui-ci est formé par la "fausse" cloison, aux extrémités de laquelle sont situés les placentas sur lesquels sont enfichées les graines. L'isolement complet de la cloison caractérise une déhiscence dite septifrage. Lors du départ des graines, ces dernières se détachent de leur funicule, le petit pédoncule qui rattachait l'ovule au placenta. Comme pour les autres plantes à fleur, le funicule reste toujours attaché au fruit, et dans le cas de la capselle, il continue d'adhérer au cadre placentaire qui entoure la cloison. La coupe longitudinale d'une silicule de capselle présentée sur cette page a été colorée par le mélange safranine/vert lumière. Elle montre le reste des pièces florales (notamment le style), encore attachée à la paroi du fruit, le péricarpe. La "fausse" cloison est bien visible, et à l'intérieur des cavités carpellaires, plus d'une dizaine de graines apparaissent, coupées de manière aléatoire de façon transversale, longitudinale ou oblique. |
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