Jeune tige de chanvre (Cannabis sativa), coupe transversale (x2)

 

 

Le chanvre (Cannabis sativa) est une plante appartenant à la famille des Cannabacées, famille qui comprend également le houblon (Humulus lupulus). Cultivée par l'homme depuis des temps immémoriaux, elle a d'abord fourni des fibres utilisées pour la fabrication de vêtements, d'ustensiles divers et également de cordages (notamment pour les navires), avant d'être exploitée pour son cocktail de substances psychoactives et aromatiques. Si ces dernières sont principalement synthétisées par des trichomes glandulaires présents en grand nombre au niveau des sommités florales de plants femelles, les fibres, dont il sera question ici, sont exclusivement tirées des tiges.

La tige de chanvre livre des fibres de différentes qualités, qui pour simplifier peuvent être classées dans deux grandes catégories : des fibres corticales tirées de la partie superficielle de la tige et des fibres plus profondes extraites du coeur de la tige. Les premières, qui sont principalement recherchées, sont des fibres primaires ou secondaires associées au phloème (fibres de bast en anglais). Les secondes (fibres de hurd en anglais, ou chènevotte en français) appartiennent au xylème. Selon leur type, les fibres du chanvre sont plus ou moins longues, plus ou moins lignifiées, et présentent des propriétés physiques et mécaniques différentes qui les prédisposent à divers usages. Les plus prisées restent les fibres corticales primaires du phloème.

La section transversale d'une jeune tige de chanvre présentée ici a été colorée par la technique de l'Etzold FCA : les cellules à parois lignifiées sont colorées en rouge/rose par la fuchsine basique, celles à parois subérifiées (quand elles existent) apparaissent en jaune/brun grâce à la chrysoïdine, et celles dont les parois sont restées cellulosiques ressortent en bleu grâce au bleu astral.

Au premier abord, on peut déjà noter que notre coupe présente des contours irréguliers (la tige du chanvre étant effectivement cannelée), ainsi qu'une grande lacune centrale. Une observation plus détaillée montre :

  • En surface, un épiderme composé d'une seule couche de cellules rectangulaires, et qui est porteur ici et là de stomates et de trichomes.

  • Juste sous l'épiderme, à plusieurs endroits au niveau du pourtour de la tige, se trouvent des îlots de collenchyme tangentiel. Ces derniers sont formés de plusieurs couches de cellules à parois cellulosiques épaissies au niveau des plans tangents à la surface de la tige, et qui ont une fonction de support.

  • Sous l'épiderme et les amas de collenchyme se trouve un cortex parenchymateux, composé de cellules de tailles moyennes à parois cellulosiques fines.

  • Au sein du cortex, et plus précisément au niveau de la face interne en contact avec le phloème conducteur, il est possible d'observer des cellules dont la paroi cellulosique est un peu épaissie. Ces sont les futures fibres du phloème dont nous avons parlé plus haut, et qui sont recherchées par les cultivateurs. Des coupes effectuées dans une tige plus âgée permettraient de distinguer des fibres primaires et des fibres secondaires.

  • Le centre de la tige est occupé par les tissus vasculaires. On distingue le phloème, conducteur de la sève élaborée à l'extérieur et le xylème, dont le rôle principal est de transporter la sève brute. Le xylème joue également un rôle de support, notamment grâce à des fibres associées aux vaisseaux conducteurs, et qui sont aussi exploitées, malgré le fait qu'elles soient moins intéressantes que les fibres du phloème. Vers l'intérieur, on distingue des travées de xylème séparées par un parenchyme vasculaire (les petits éléments appartenant au protoxylème, et les plus gros au métaxylème). La tige étant encore jeune, l'essentiel des structures sont encore des structures primaires. Lorsqu'il entrera en service, le cambium libéro-ligneux mettra en place des tissus vasculaires secondaires (liber et bois). Ces derniers, qui constitueront le pachyte, formeront un anneau caractéristique.

  • Enfin, en continuant vers l'intérieur, on parvient au parenchyme médullaire, ou moelle, constitué de grosses cellules polyédriques à paroi cellulosique. Une partie importante de la moelle s'est résorbée tout au centre de la tige, en formant une large lacune.

Diagnose sur la coupe : La symétrie radiale de l’organe pointe vers une racine ou une tige. Les stomates épidermiques ainsi que la présence de tissus de soutien (collenchyme) orientent vers une croissance en milieu aérien, ce qui élimine la racine. La disposition en anneau des tissus vasculaires laisse penser que nous sommes en présence d'une plante dicotylédone.

 

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