Aiguille de Pin (Pinus), coupe transversale (x4)

 

 

Le genre Pinus, fort de plus d'une centaine d'espèces et qui appartient à la famille des Pinacées, est sans conteste le groupe le plus nombreux des conifères ou résineux. Les pins se caractérisent notamment par un dimorphisme branchial, c'est à dire la présence de longues branches porteuses de feuilles réduites à des écailles, et qui accompagnent d'autre part des branches très courtes terminées par des fascicules d'aiguilles, qui vont nous intéresser ici.

La coupe d'une aiguille de pin presque complète présentée sur cette page a été colorée au carmino-vert de Mirande. Outre son aspect très esthétique, l'étude au microscope de sa structure se révèle riche d'enseignements. De la périphérie vers le centre, on distingue :

  • Un épiderme recouverte d'une épaisse cuticule (bien visible dans le coin gauche en haut), une substance cireuse qui joue un rôle de protection, et au niveau duquel s'ouvre des stomates enfoncés qui assurent les échanges gazeux. Sur la face ventrale de l'aiguille, les stomates sont alignés longitudinalement en formant des stries bien visibles à l'œil nu ou à la loupe.

  • Situé juste sous l'épiderme, un hypoderme sclérifié (coloré en vert par le vert d'iode) à trois couches cellulaires.

  • Un mésophylle formé de cellules parenchymateuses dont les parois pecto-cellulosiques exhibent de nombreux replis ou crêtes, et qui accueille de jolis canaux résinifères circulaires.

  • Un cylindre central, séparé du mésophylle par un endoderme formé d'une seule assise cellulaire, et qui délimite un parenchyme spécial, appelé tissus de transfusion, et plus au centre, deux faisceaux cribro-vasculaires, avec du xylème ventral (orienté vers la face plate de l'aiguille, en vert) et du phloème dorsal (dirigé vers la face dorsale, concave, de l'aiguille, en rose).
  • L'endoderme est un tissu que l'on trouve surtout au niveau des racines, et qui s'observe beaucoup plus rarement au niveau des feuilles ou des tiges. Il agit principalement comme une barrière sélective entre le mésophylle et le cylindre central, en bloquant notamment le passage passif de l'eau entre les parois cellulaires.
  • Le tissu de transfusion comporte des cellules dont les parois sont ornées de ponctuations aréolées. Sa fonction est d'assurer les échanges entre les faisceaux conducteurs cribro-vasculaires et le mésophylle, tout en stockant également de l'eau.
  • Chaque faisceau criblo-vasculaire se compose au centre une mince lame de cambium (couche de cellules méristématiques, responsable de la croissance des tissus). Ce méristème secondaire produit en face ventrale du xylème secondaire et en face dorsale du liber (ou phloème secondaire). La croissance du xylème secondaire et du phloème secondaire repousse petit à petit vers la périphérie les tissus conducteurs primaires plus anciens (xylème primaire ainsi que le phloème primaire), qui finissent écrasés.

Diagnose sur la coupe : La symétrie bilatérale indique que nous avons affaire à une feuille. Les stomates de l'épiderme impliquent une croissance en milieu aérien. Le fait qu'ils soient enfoncés dans l'épiderme, la présence d'une épaisse cuticule, la sclérification de l'hypoderme et enfin la présence d'un endoderme laisse penser que nous avons affaire à une plante xérophyte, adaptée à la sécheresse, aussi bien estivale qu'hivernale. Ces adaptations expliquent pourquoi les pins (et plus généralement les conifères) sont très présents dans des régions à climats rigoureux (haute latitude ou altitude), où ils doivent lutter contre la déshydratation et le froid.

 

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