Actualité du site
|
 |
L'image de l'année 2006
[17 décembre 2006] : En parcourant les centaines d'images
renvoyées cette année par les nombreuses sondes en activité sur
Mars, je me suis demandé quelle était la plus marquante. Je suis
revenu sur les plus beaux clichés couleurs de
Mars Express, j'ai observé à
nouveau les images de Mars Global
Surveyor
ayant donné
lieu à des découvertes (ou, c'est encore plus souvent le cas, à
de nouvelles interrogations !), je me suis replongé dans les
somptueux panoramas ramenés par les deux rovers
Spirit et
Opportunity. Et puis je
suis tombé sur cette
image acquise par la sonde Mars
Reconnaissance Orbiter, et j'ai su que ma recherche venait
de s'achever.
C'est une
vignette, pixellisée et grisâtre. Une image montrant un cratère
d'impact anonyme, de 22 mètres de diamètre et de 3 mètres de
profondeur, perdu dans les immenses plaines de la région de
Terra Meridiani. Un cratère comme il
en existe des milliers d'autres sur Mars. Sauf que celui-ci a
reçu en janvier 2004 la visite impromptue d'un robot,
Opportunity. Si ce dernier est aujourd'hui à des kilomètres de
son site d'atterrissage, il a laissé derrière lui sa plateforme
d'amarsissage. C'est cette plateforme que l'on aperçoit
parfaitement au centre du cratère (comparez l'image de la
plateforme vue
depuis l'orbite par Mars Reconnaissance Orbiter à environ
250 kilomètres d'altitude et l'image vue
depuis la surface par Opportunity).
A chaque fois que l'homme a le
privilège de découvrir pour la première fois une nouvelle
parcelle de Mars, une partie de lui est portée par l'espoir d'y
déceler des traces de vie. Ne serait-il pas enthousiasmant
d'identifier ici des traces fossiles d'une vie bactérienne ? Ne
serait-il pas extraordinaire d'apercevoir là bas les vestiges de
la présence d'organismes évolués, comme une fougère, une
libellule ou un cachalot martien ? Ne serait-il pas merveilleux
de discerner, émergeant des sables, les ruines d'un temple
antique, ou la carcasse poussiéreuse d'un vaisseau spatial ?
Bien entendu, rien de tout cela
n'existe à la surface de Mars. Rien, à l'exception du vaisseau.
Car l'image de Mars Reconnaissance Orbiter
nous montre précisément cela : un vaisseau spatial abandonné sur
la planète rouge, gisant à l'abri des vents au beau milieu d'un
cratère d'impact. Les images de vaisseaux spatiaux terrestres
photographiées par d'autres vaisseaux spatiaux terrestres
comptent parmi les témoignages les plus émouvants de la conquête
spatiale. Le vertige qu'inspirent ces images n'est peut-être
dépassé en intensité que par les photographies
de notre propre planète, prises
par ces mêmes sondes.
Mars Reconnaissance Orbiter
peut véritablement être qualifiée de satellite espion martien.
Équipée d'une caméra surpuissante (HiRise),
capable d'atteindre une résolution de 30 centimètres par pixel
environ, cette sonde est capable de produire des images à haute
résolution et en couleurs tout bonnement stupéfiantes. Si cette
caméra va vraisemblablement contribuer de manière significative
à la compréhension de la planète Mars, elle va également nous
permettre de revoir enfin les émissaires robotiques que l'Homme
a envoyé sur la planète rouge depuis les débuts de la conquête
spatiale. Mars Reconnaissance Orbiter a ainsi déjà imagé les
deux robots
Spirit et
Opportunity (observé ici sur les bords du cratère Victoria,
attention l'image est superbe mais très lourde), ainsi que les
deux atterrisseurs Viking (Viking
I et
Viking II), qui prennent la poussière sur Mars depuis
maintenant ... 30 ans. Nul doute que dans le futur, cette sonde
nous montrera l'envers
du décor d'un atterrissage sur la planète rouge, et
parviendra à imager les carcasses métalliques tordues d'un
Beagle 2 ou d'un
Mars Polar Lander.
L'image de la
plateforme d'atterrissage d'Opportunity
reposant au fond du petit cratère Eagle célèbre d'abord un
accomplissement scientifique. Contrairement à son frère jumeau
Spirit, largué vers un site d'atterrissage choisi uniquement
d'après des critères morphologiques, Opportunity a été envoyé
sur Terra Meridiani sur la base d'indices minéralogiques. Dans
ce secteur, la sonde Mars Global
Surveyor avait effectivement détecté des traces d'hématite,
un oxyde de fer, qui, sur Terre, se dépose souvent en présence
d'eau. Opportunity n'a eu qu'à observer les parois du cratère
qui l'a accueilli pour confirmer presque immédiatement cette
hypothèse. Au contraire, aux antipodes de Mars, le rover Spirit
tente encore aujourd'hui inlassablement (certains diraient
désespérément) de trouver autre chose que des roches volcaniques
basaltiques.
Si l'image d'Opportunity peut
donc être vue comme un hommage scientifique, elle représente
selon moi d'abord et avant tout un triomphe de la technologie.
Effectivement, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent,
les missions robotiques d'exploration du système solaire sont
surtout des chefs d'oeuvres d'ingénierie, devant lesquels les
résultats scientifiques font souvent pâle figure. Certes, les
retombées sont parfois là, comme l'illustre avec brio l'exemple
d'Opportunity. Mais bien souvent, les données scientifiques
collectées sont décevantes, quand elles sont comparées aux
talents déployés par les ingénieurs pour concevoir une sonde
spatiale fonctionnelle, et aux attentes, souvent débridées, des
scientifiques.
Ainsi, personne ne contestera
le fait que l'atterrissage de la sonde Huygens sur Titan le 14
janvier 2005 constitue un exploit spectaculaire pour l'Europe
spatiale. Titan était une cible de choix pour les
exobiologistes, qui estiment que cette lune de Saturne est
peut-être similaire à notre planète, du moins telle qu'elle
était il y a 4 milliards d'années. Cette époque lointaine et
reculée pourrait correspondre au moment ou les premières
cellules vivantes sont apparues sur Terre. En étant capable
d'étudier de près la chimie de Titan, les exobiologistes ne
cachaient pas leur espoir de comprendre enfin quelles réactions
chimiques avaient pu présider à la fabrication des premières
biomolécules sur Terre. Pourtant, malgré un atterrissage
impeccable de Huygens à la surface de Titan, les exobiologistes
spécialisés en chimie prébiotique n'ont pas avancé d'un pouce.
Autre exemple de l'abîme qui
peut exister entre l'exploit technologique et l'avancée
scientifique, la sonde Stardust. Lancée le 7 février 1999, cette
sonde spatiale est parvenue, grâce à des collecteurs remplis
d'aérogel, à recueillir des particules de poussière s'échappant
de la comète Wild 2. Après 7 années dans l'espace, Stardust a
délivré avec succès son précieux chargement aux scientifiques,
en larguant une capsule dans le désert de l'Utah. Sur le site
officiel de la NASA, ainsi que dans la presse, Stardust est
invariablement présentée comme une mission destinée à dévoiler
l'origine du système solaire. Pourtant, quand on regarde les
résultats de l'analyse des grains cométaires piégés dans
l'aérogel, force est de reconnaître que ces derniers sont
décevants. Décevant parce que l'aérogel a été contaminé lors de
sa fabrication sur Terre (avant le départ de la sonde), et qu'il
ne possède pas la pureté à laquelle il était en droit de
prétendre. Décevant également, parce qu'il n'est pas possible de
savoir avec une certitude absolue si les grains recueillis
proviennent de la comète ou de l'espace interstellaire. Décevant
enfin, parce que chaque grain semble différent des autres.
Comment, dans ces conditions, connaître ceux qui sont vraiment
représentatifs de la comète ? Faut-il faire la moyenne ? Ou
considérer que la comète est incroyablement hétérogène à
l'échelle du grain ? Et que nous ont appris pour l'instant les
analyses de ces particules ? Que la comète contient des minéraux
tels que des pyroxènes et des olivines, qu'un brassage a eu lieu
dans le disque d'accrétion ayant donné naissance au système
solaire et que Wild 2 renferme de la matière organique
primitive. En résumé, uniquement des confirmations
d'informations connues depuis belle lurette par les astronomes.
Bien entendu, les analyses viennent de commencer, et des
découvertes majeures se cachent peut-être dans les grains
collectés avec succès par Stardust. Mais n'en déplaise à
certains, cette mission ne pourra pas à elle seul résoudre les
mystères de la formation du système solaire. Pourtant c'est
souvent de cette manière qu'elle est présentée.
Dans l'exploration du système
solaire, la science peine donc souvent à rattraper les exploits
technologiques des ingénieurs. C'est peut-être pour combler ce
retard que nous sommes si prompt à spéculer.
Dès sa création il y a
maintenant 9 ans, et malgré une absence de mises à jour depuis
environ un an, il y a un dossier de ce site qui n'a cessé de
battre des records en termes de consultation. Avez-vous deviné
de quel dossier je parle ? Celui consacré au
visage de Mars. Quel rapport peut-il bien y avoir entre
l'image de la plateforme d'Opportunity dans son cratère et le
visage de Mars ? Il y en a bel et bien un, et il est
particulièrement éloquent.
Depuis qu'un orbiteur Viking a
photographié, il y a de cela 30 ans, une colline en forme de
visage humain sur Mars, certains individus n'ont jamais cessé de
croire à l'existence d'une ancienne civilisation sur la planète
rouge. Pendant deux décennies, le visage a tenu occupé des
centaines d'ufologues. Si ce dernier a aujourd'hui perdu de sa
superbe (la faute aux caméras à haute résolution embarquées sur
les sondes martiennes), certains n'ont pas abandonné leur quête,
et continuent d'apercevoir sur Mars des formes étranges et
mystérieuses, typiquement extraterrestres.
Ce que je trouve magique avec
la plateforme d'Opportunity, c'est
qu'elle est totalement artificielle, et qu'il est pourtant très
difficile, voire impossible, de s'en rendre compte ! La
plateforme des rovers n'a effectivement pas grand chose de
naturelle quand elle est observée depuis le sol, que ce soit sur
Mars ou sur
Terre : panneaux triangulaires métalliques, logos de la NASA
et du JPL, le tout parcouru par des dizaines et des dizaines de
câbles. Pourtant, rien de cette complexité n'apparaît réellement
sur l'image de Mars Reconnaissance Orbiter.
Car que
voit-on vraiment ? Une petite tache claire au milieu du
cratère, le bord gauche étant légèrement brillant. Certes,
l'objet semble être étranger au cratère, mais sans savoir que
c'est une plateforme d'atterrissage sophistiquée ayant déposée
un robot de 170 kg venu d'une autre planète, on pourrait tout à
fait considérer qu'il s'agit d'un banc rocheux ayant résisté à
l'érosion, et exposé en relief au centre du cratère. Malgré la
résolution spatiale de la caméra
HiRise et le fait que la plateforme ne soit pas encore
ensevelie sous la poussière, on ne peut donc reconnaître avec
certitude sa nature artificielle. Une belle leçon d'humilité et
de prudence non ?
|
|
Brèves martiennes
|
 |
Touchdown !
[6 août 2012 - 7:38] : Curiosity a atterri sur Mars au terme
d'une descente totalement flippante, et les premières images
noir & blanc sont disponibles. |
 |
Curiosité martienne
[5 août 2012 - 15:00] : Mars est une planète globalement
morte. Depuis plusieurs milliards d’années, il ne s’y passe
rien, ou presque. Les
volcans se sont éteints, la croute martienne ne se fracture
plus, et l’eau l’a déserté. Seuls les vents, lentement,
inexorablement, continuent de souffler au-dessus des étendues
mornes et désolées, soulevant derrière eux une poussière
jaunâtre qui recouvre tout.Pourtant, depuis environ 40 ans,
des événements violents, très brefs, y ont lieu. Une lueur dans
la haute atmosphère, un flash de lumière. La chute folle,
débridée, d’étranges objets venus du ciel qui s’écrasent parfois
comme des météores, ou qui se posent au sol sous le claquement
de la toile d’un parachute, ou dans le chuintement de
rétrofusées. Sur Mars, personne n’assiste à ses phénomènes, qui
se déroulent au-dessus de paysages indifférents, figés pour
l’éternité. Mais au-delà de l’espace interplanétaire, sur Terre,
d’innombrables paires d’yeux scrutent les écrans de contrôle,
écoutent le spectre radio à la recherche de sémaphores,
attendent avec ferveur et anxiété de découvrir, pour la première
fois de l’histoire de l’humanité, un nouveau secteur de
l’Univers.
Demain, 6 août 2012, à 7h00 du
matin, une sonde martienne va tenter à nouveau de réaliser cet
exploit spectaculaire et terrifiant : celui de se poser,
saine et sauve,
sur les déserts de la planète rouge.
Elle s’appelle
Curiosity.
Un nom magnifique pour l’un des engins les plus complexes jamais
réalisés par la main de l’homme. Elle pèse 900 kg et, par
l’ampleur des objectifs qui lui ont été assignés, elle est sans
doute la première sonde martienne à pouvoir vraiment rivaliser
avec les mythiques sondes
Viking, qui se
sont posées sur Mars en 1976.
L’atterrissage va durer en tout
et pout tout 7 minutes. Il s’agit de la partie la plus
dangereuse d’une mission qui a débuté le 26 novembre 2011 avec
le lancement, depuis Cap Canaveral en Floride, de la sonde, à
bord d’une fusée géante Atlas V. Après un voyage de 576 millions
de kilomètres, parcourus en un peu plus de 8 mois dans l’ennui
sans fin qui caractérise habituellement les trajets dans
l’espace profond, et après quelques corrections de trajectoire,
la sonde est enfin à pied d’œuvre. La NASA a pris l’habitude de
résumer la phase d’atterrissage par l'expression « 7 minutes de terreur ». Une fois
n’est pas coutume, le qualificatif est juste. Mais jugez
plutôt :
A 07:14:35 du matin,
l’étage de croisière, c'est-à-dire le vaisseau sur lequel était
fixée la sonde durant le trajet Terre – Mars, va se séparer du
rover. Un ensemble d’instruments de mesure (un package baptisé
MEDLI) rentrera alors en action. Leur rôle est de collecter une
foule d’informations sur les conditions atmosphériques et les
performances du bouclier thermique.
Une minute après l’éjection de
l’étage de croisière, des rétrofusées s’allumeront pour annuler
la rotation de la sonde, qui tournait effectivement sur
elle-même à raison de 2 tours par minute histoire de se stabiliser
dans l'espace. Simultanément, des masselottes de
tungstène (75 kilogrammes chacune) seront larguées, ce qui aura
pour effet de décentrer le centre de gravité de l’engin,
permettant alors au bouclier thermique de générer de la portance
avec l’atmosphère martienne. Les jets de gaz brulant des
rétrofusées orienteront également ce dernier vers l’avant, près
pour l'impact avec l'atmosphère martienne.
A 07:24:34, Curiosity
atteindra son point d’injection dans l’atmosphère martienne, à une
altitude de 131 kilomètres. 75 secondes plus tard, la friction
avec l’air martien portera la température du bouclier thermique
(recouvert de tuiles d’un matériau particulièrement résistant à
la chaleur) à son maximum, soit 2100°C. 10 secondes plus tard,
c’est le pic de décélération qui sera atteint, avec des valeurs
de 10 à 15 G.
Par rapport aux sondes
précédentes, la descente sous bouclier thermique de Curiosity va
être guidée, une première dans l’histoire de l’exploration
martienne. Le bouclier thermique va effectivement se comporter
comme une aile d’avion, ce qui va donner la possibilité à la
sonde de surfer sur l’atmosphère de Mars. Des petites
rétrofusées ajusteront en permanence l’angle et la direction du
bouclier, et la sonde décrira également des virages en S, sous
le contrôle d’une centrale de navigation inertielle. L’objectif
est d’augmenter de manière sensible la précision de
l’atterrissage, cette entrée guidée devant permettre à Curiosity
d’atterrir dans un mouchoir de poche. La friction du bouclier
thermique avec l’atmosphère de Mars va annuler les 9/10ème
de l’accélération de la sonde (qui déboule à la vitesse
confortable de 5900 mètres par seconde !). Mais cela ne sera pas
suffisant, d'ou la nécessité de continuer à freiner en utilisant
l'air martien, avec un parachute cette fois-ci.
A 07:28:05, six petites
masses de tungstène (25 kilogrammes chacune), sont à nouveau
éjectées, ce qui modifie le centre de gravité de la sonde et le
replace dans l’axe de symétrie. Le parachute supersonique, d’un
diamètre de 16 mètres, s’ouvre peu après, à une altitude de 11
kilomètres.
24 secondes après son
déploiement, le bouclier thermique, devenu inutile, est éjecté à
son tour. Pour la caméra de descente MARDI, sa disparition fait
l’effet d’un appareil photo auquel on viendrait d’ôter le
bouchon d’objectif. Cette caméra va commencer à enregistrer une
vidéo de la descente vertigineuse vers la surface martienne
(pour notre plus grand plaisir !), et ce jusqu’à ce que le rover
touche le sol. Bien que des caméras de descente similaires aient
été embarquées sur les sondes
Mars Polar
Lander et Phoenix, nous n’avons encore jamais vu une seule
image de ce type : la première s’est effectivement
crashée, et dans le cas
de Phoenix, la caméra
n’a pas été utilisée par précaution, les ingénieurs ayant
estimés qu’elle présentait un risque pour l’atterrissage.
Peu après l’éjection du bouclier
thermique, un radar embarqué rentrera en action pour surveiller
la vitesse de descente et la distance séparant Curiosity du sol.
Il va alimenter les ordinateurs de bord avec des données
cruciales pour la phase finale de l'atterrissage.
A 07:30:19 le bouclier
arrière, sur lequel est fixé le parachute, se sépare de la
sonde. Le rover tombe alors en chute libre, mais cette dernière
est immédiatement stoppée par l’allumage de huit rétrofusées à
poussée variable (c’est la première fois depuis les sondes
Viking qu’elles sont réutilisées sur Mars). Curiosity n’est
alors plus qu’à 1,6 kilomètres du sol martien.
A 07:30:59 secondes, la
vitesse de la sonde doit avoir été amenée à la valeur constante
de 0,75 mètre par seconde (contre 5900 mètres par seconde avant
l'entrée). Quatre rétrofusées sont alors coupées, tandis que le
rover commence à être pris en charge par le système de grue
aéroportée. Il
s’agit ici de la phase la plus spectaculaire et la plus risquée
de la mission. Suspendu par trois câbles de nylon (un quatrième
câble plus lâche va jouer le rôle de cordon ombilical pour la
transmission des données à l’étage de descente), Curiosity va
effectivement être lentement hélitreuillé vers la surface de Mars !
Juste avant le contact avec le
sol, les roues et le système de suspension, qui vont servir de
train d’atterrissage, se mettent en place. Dès que le rover
établi le contact avec la surface martienne, les câbles de la
grue seront immédiatement sectionnés et l’étage de descente
s’élancera au loin le plus rapidement possible, avant de s’écraser
à distance de sécurité. Si toute l’incroyable mécanique de
l’atterrissage s’est déroulée à la perfection, Curiosity sera
alors au sol, près à explorer le cratère Gale et sa montagne
centrale. Sur Mars, il est 3 heures de l'après midi.
Depuis l’atterrissage de
Pathfinder en 1997,
Internet offre la possibilité à tous les passionnés de suivre
l’arrivée des sondes martiennes en direct. Sur Mars, trois
orbiteurs seront aux premières loges pour assister à
l’événement. Les deux premiers,
Mars Reconnaissance Orbiter
et Mars Express,
ne pourront cependant pas relayer directement vers la Terre les
informations de télémétries transmises par Curiosity en UHF
durant sa périlleuse descente vers Mars. La troisième,
Mars Odyssey,
sera mieux placée, mais le débit de communication sera faible,
et priorité sera donnée aux informations les plus critiques.
Mars Odyssey commencera à relayer les données deux minutes après
l’entrée atmosphérique, et perdra rapidement le contact avec le
rover après son atterrissage (l’orbiteur passant alors sous
l’horizon). Enfin, Curiosity émettra des signaux codés en bande
X directement vers la Terre, ou les antennes des stations du
réseau d’écoute de l’espace lointain (Deep Space Network) seront
en charge de les collecter. Cependant, au cours de la descente,
notre planète sortira du champ de vision radio du rover, et ces
sémaphores ne seront donc plus disponibles pour suivre les
étapes finales de l’atterrissage.
Durant toute la séquence
d'atterrissage, des pertes temporaires de connectivité avec la
sonde risquent donc de se produire, ce qui va sans doute
augmenter de manière sensible le suspens et l'anxiété des
contrôleurs. De même, il ne faudra pas s’attendre à avoir
immédiatement des images de la surface martienne, et les plus
impatients en seront pour leurs frais.
Il y a de fortes chances que les
premières photographies du site d’atterrissage (le cratère Gale)
rappellent fortement les sites explorés par les précédentes
sondes martiennes (de
Viking à
Phoenix en
passant par Pathfinder
et les rovers Spirit
et Opportunity), et il faut reconnaître (même si c’est
désagréable) que la fascination face aux clichés martiens s’est
un peu érodée (cela changera peut être le jour ou la NASA
enverra des sondes ailleurs que sur des
sites plats situés
à basse altitude !). Cependant, chaque atterrissage est
absolument unique, et même si la science qui est effectuée après
ne suit parfois pas (voir le fiasco de la sonde Phoenix), ce
sont des moments magiques, rendus possibles par l’obsession et
la ténacité d’équipes qui portent leur art à son plus haut
niveau.
Demain, à 07h17, Curiosity sera à
la surface de Mars, en état de marche ou en pièces détachées. Les
signaux radios mettant 14 minutes pour parvenir à la planète
bleue,
pour nous, terriens, la sonde sera encore en pleine descente,
vers la gloire ou l’effroi. Nous serons des milliers à suivre
par la pensée son voyage, connectés à NASA TV, twitter ou sur
les dizaines de sites qui relayeront cet événement.
A quoi
ressemble le cratère Gale ? Mars Reconnaissance Orbiter
parviendra t-il à photographier en pleine descente le rover avec
la caméra HiRise,
comme il avait réussi à le faire avec la
sonde Phoenix ? Demain, la planète Mars vous invite à vibrer
durant 7 minutes, motivé par l’une des valeurs les plus pures et
nobles de l’âme humaine : la curiosité. Quelque soit l’issue,
ouvrez grand vos yeux et vos oreilles, le spectacle promet
d’être magistral !
Pour suivre en direct
l'atterrissage de Curiosity
Fichiers multimédias
|
|
 |

Dernière mise à jour
6
août 2012
7:38

Revue
de presse martienne

Ephémérides

Missions
en cours
Edition
pour mobiles 
Recherche

Résolution recommandée :
1280 x 1024

Vous
êtes le
martien
en visite sur ce site. Merci !
Adresse du feed XML

Vous appréciez Nirgal.Net ? Vous pouvez faire
un don au webmaster du site avec Paypal, c'est toujours encourageant pour lui
 |