
Si les martiens n'ont pas encore envahi notre belle planète bleue, il faut par contre reconnaître qu'ils se défendent particulièrement bien contre les agressions robotisées terriennes. Les sondes martiennes que l'homme ne cesse de lancer vers notre voisine depuis les débuts de la conquête spatiale ont effectivement la fâcheuse tendance à tomber comme des mouches. Le palmarès martien est une belle confirmation du caractère belliqueux que l'on reconnaît d'ordinaire à la planète rouge. Jugez plutôt : sur 38 sondes spatiales, on compte seulement 12 succès (tous américains !), soit un taux de réussite de 32 % seulement. Si l'on est de tempérament optimiste, on peut intégrer dans les rangs des vainqueurs les sondes soviétiques Mars 5 et Phobos 2. Le taux de réussite frôle alors les 37 %. Mars est un véritable cimetière.
En réalisant les décomptes par pays, on s'aperçoit que les soviétiques ont subi une véritable hécatombe. Sur les 19 sondes lancées par ce géant de la conquête spatiale, seulement 2 ont survécu assez longtemps pour grappiller quelques données. Côté américain, le taux de réussite est plus élevé, puisqu'un peu moins de deux tiers (soit 12/17) des sondes envoyées par la NASA ont réussi leur mission. Quant au Japon, sa première sonde martienne (Nozomi) a finalement échoué, après une longue et douloureuse agonie dans l'espace interplanétaire, tout comme l'atterrisseur britannique Beagle 2.
La planète rouge dispose de moyens particulièrement raffinés pour mettre à mal nos robots d'exploration, comme l'atteste le tableau ci-dessous. Ce dernier dresse la liste des principales causes d'échec, en indiquant à chaque fois le nom des malheureuses victimes (attention, les sondes Mars 2 et Mars 3 y figurent à deux reprises). On ne manquera pas de noter à nouveau la consternante hégémonie américaine au niveau des succès, même si ces derniers ont depuis subi un sérieux revers avec les pertes coup sur coup des sondes Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander.
|
|
Echec au lancement : explosion en vol, non séparation de la coiffe, les causes d'échec au lancement ne manquent pas. Ce type d'échec est probablement le plus frustrant. Avant même que la mission commence, tout est déjà fini, et des années d'efforts sont réduites en fumée en une fraction de secondes. Encore aujourd'hui, le lancement est un moment aussi excitant que redouté ... | 6 |
|
|
|
Echec en orbite terrestre : après un décollage réussi, la sonde se retrouve souvent temporairement en orbite terrestre. Pour rejoindre Mars, elle doit encore s'extraire du champ de gravité de notre planète. Il suffit alors d'une défaillance d'un étage supérieur ou d'une mauvaise programmation pour que l'engin spatial se retrouve prisonnier de la Terre. Et après quelques révolutions, la sonde finit immanquablement par s'abîmer sur notre monde ... | 4 |
|
|
|
Départ trop tardif : les départs vers la planète Mars ne peuvent avoir lieu qu'à des moments bien précis, que l'on nomme fenêtre de tir. Si cette période est dépassée, il faut patienter deux années supplémentaires ! On peut bien sûr lancer la sonde en désespoir de cause, mais étant donnée la nature implacable de la mécanique céleste, celle-ci n'aura pas la moindre petite chance d'atteindre son objectif. | 1 |
|
|
|
Echec durant le trajet Terre - Mars : le voyage vers la planète rouge s'étale sur de nombreux mois, une durée suffisamment longue pour qu'un pépin survienne. Et les caractéristiques du milieu spatial (vide, écart thermique) n'en font pas un environnement de tout repos. Une malencontreuse collision avec une météorite peut aussi provoquer de sérieux dégâts et dévier la sonde de sa trajectoire. | 3 | |
|
|
Echec lors de la manœuvre d'insertion orbitale : avec le lancement, la mise en orbite constitue la phase la plus critique de la mission. Il s'agit pour la sonde de freiner suffisamment pour être happée par le champ de gravité martien. Une mauvaise trajectoire, un freinage trop timide ou au contraire trop appuyé, et c'est la catastrophe. L'engin rate la planète, ou rentre en collision avec elle ! | 4 |
|
|
|
Echec à l'atterrissage : Si la mise en orbite est la bête noire des orbiteurs, l'atterrissage est celle des stations au sol et des rovers. Lors de cette phase où s'enchaînent des évènements d'une incroyable complexité, l'erreur n'a pas droit de cité. Un grain de sable dans les engrenages, et la surface martienne peut se prévaloir de posséder un nouveau (et très coûteux) cratère d'impact ! | 6 |
|
|
|
Quand la planète rouge s'en mêle : comme si cela ne suffisait pas, Mars elle-même peut décider de jouer les troubles fêtes. Son arme préférée n'est autre que la tempête de poussière. En recouvrant tout le globe d'un manteau opaque, une tempête peut parfaitement ruiner la mission d'un orbiteur. La modification des paramètres atmosphériques peut aussi compromettre un aérofreinage. | 2 | |
|
|
Défaillance prématurée des systèmes de bord : ce n'est pas tout d'arriver à bon port, il faut encore pouvoir effectuer sa mission. Si la qualité de fabrication n'est pas au rendez-vous, la sonde risque le délabrement. Au mieux les instruments lâchent les uns après les autres, au pire on perd définitivement le contact. Et comme la loi de Murphy s'applique aussi là bas, cela arrive généralement au moment le plus important ! | 3 | |
|
|
Mission réussie ! Lorsque l'on voit les obstacles qui jalonnent le trajet Terre - Mars, on comprend facilement la joie et les larmes des personnes impliquées dans une mission martienne lorsque celle-ci est un succès. Dans l'histoire de l'exploration martienne, les réussites sont relativement peu nombreuses. Mais lorsqu'une sonde parvient à se frayer un chemin jusqu'à la planète rouge, le résultat dépasse bien souvent les espérances les plus folles des ingénieurs et scientifiques ... | 12 |
|
|
|
Mission en cours | 2 |
| Labrot © 1997-2007. Dernière mise à jour : 9 août 2004. Des commentaires, corrections ou remarques ? N'hésitez pas, écrivez moi! | index |