
|
Calendrier des fenêtres de tir de 1960 à 1988 |
Calendrier des fenêtres de tir de 1989 à 2035 |
||
|
|
|
|
|
Sonde soviétique
Sonde russe
Sonde américaine
Sonde française
Sonde japonaise
Sonde de l'agence spatiale européenne
Sonde britannique
Sonde italienne
Fenêtre de tir disponible
Année sans fenêtre de tir
Mission actuellement en cours
Succès (la plupart du temps éclatant)
Echec (la plupart du temps cuisant)
Bilan mitigé, demi échec ou demi succès (typique des sondes russes)
Le tableau ci-dessus rassemble toutes les missions martiennes jamais lancées par l'homme, depuis les premières tentatives jusqu'à celles qui n'existent encore que sur une planche à dessin. Un seul coup d'œil suffit pour déduire certaines caractéristiques de l'exploration de la planète rouge. Les premières missions ont été lancées dès 1960 par les Soviétiques, quelques années après le vol de Spoutnik. Les Soviétiques, puis les russes, s'acharneront sur la planète rouge en occupant presque toutes les fenêtres de lancement de 1960 à 1973, à l'exception de la fenêtre de tir de 1967 qui ne sera exploitée par personne. Toutes les missions pourront être considérées comme des échecs (ou des demi-échecs) en regard des résultats qui seront engrangés par les sondes concurrentes américaines. Après 1973, littéralement dégoutté par les performances de leur flottille de sondes lancée cette année là, les russes arrêteront temporairement leurs activités concernant l'exploration de la planète rouge. Après 15 années de silence, ils repartent à l'assaut et envoient les deux sondes Phobos, qui ne connaîtront pas un destin plus enviable que les engins précédents. Enfin, en 1996, les russes tentent de lancer l'un des plus grosses sondes interplanétaires jamais construites : Mars 96. La sonde ne quittera pas l'orbite terrestre. Cet accident tragique clôt d'une manière terriblement brutale l'épopée des sondes russes martiennes. Ceux ci n'auront finalement jamais eu de chance avec la planète Mars. Ils prendront leur revanche avec la planète Vénus et peuvent se glorifier d'avoir écrit plusieurs chapitres de l'histoire de son exploration.
Les Américains s'élancent plus tardivement que les Soviétiques à l'assaut de la planète rouge (ils débutent en 1964), mais ils vont connaître des succès éclatants, avec les premières photos jamais prises de la planète par Mariner 4, la reconnaissance réussie du tandem Mariner 6 et Mariner 7, l'incroyable moisson de résultats qui sera ramené par Mariner 9 (et qui nous fera découvrir Mars telle qu'elle est réellement), sans oublier le triomphe des sondes Viking. Pendant la première période de l'exploration de Mars, deux fenêtres de tir ne seront pas utilisées par les américains : celle de 1967 et celle de 1973, la dernière étant mise à profit par les Soviétiques avec la série de sondes Mars 4, Mars 5, Mars 6 et Mars 7. Par contre, au moment du lancement des Viking en 1975, les Soviétiques ont abandonné la course. L'exploration de Mars va entrer dans un sommeil profond après les missions Viking. Les américains attendront 17 ans avant de lancer Mars Observer, qui connaîtra un destin tragique en disparaissant quelques jours avant sa mise en orbite. Mars a sans aucun doute l'un des plus beaux palmarès de tout le système solaire en ce qui concerne les pertes d'engins spatiaux. Le nombre d'échecs est édifiant, comme on peut le voir sur le tableau ci-dessus (comptez donc les pastilles rouges !). Si les Soviétiques en ont vraiment été pour leur frais, les américains ne seront pas non plus épargnés. Même à notre époque, les échecs sont encore d'actualité, comme l'a prouvé très récemment la disparition de Mars Climate Orbiter lors de sa manœuvre d'insertion orbitale et la perte de Mars Polar Lander pendant son atterrissage. Et il pratiquement certain qu'il y en aura encore bien d'autres.
Suite à la perte de Mars Observer, le concept même des missions américaines change. Plus question de lancer des engins uniques et énormes coûtant des milliards. Avec le leitmotiv désormais célèbre de faster, better, cheaper, les américains envisagent de lancer une flottille de petites sondes légères, peu coûteuses, développées en un temps record et focalisées sur des objectifs bien précis. Mars Global Surveyor fut la première sonde de cette nouvelle génération à prendre son envol vers Mars en 1996, pour être rejointe quelques mois plus tard par Mars Pathfinder, qui connaîtra un immense succès technique, scientifique et surtout médiatique. Mars Global Surveyor, toujours en orbite, peut d'ores et déjà être considérée comme un succès. Avec le programme Mars Surveyor, les américains étaient bien décidés à occuper toutes les fenêtres de tir depuis 1996 et jusqu'en 2005 au moins. Malheureusement, la perte consécutive de Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander va forcer la NASA à repenser de A à Z sa stratégie d'exploration de Mars. Après d'intenses réflexions, l'agence spatiale américaine accouchera d'un nouveau programme plus prudent et très ouvert, à forte participation internationale. Avec la nouvelle architecture, le calendrier des lancements est de nouveau rempli jusqu'en 2011 au moins. Après un passage à vide de plus de 20 ans, il semble donc que nous soyons repartis à l'assaut de Mars comme au bon vieux temps ! Mais l'époque où seuls les Etats-Unis et les Soviétiques participaient à l'exploration de la planète rouge est définitivement révolue. Les Etats-Unis ont été rejoints par les Européens avec Mars Express, les Japonais avec Nozomi et les Britanniques avec Beagle 2. Ce renouveau pour l'exploration de la planète rouge va culminer à la fin de cette décennie avec l'ambitieuse mission de retour d'échantillons, qui va nous permettre d'avoir pour la première fois sur Terre des fragments de la planète Mars. L'avancé scientifique sera considérable et ne sera dépassée que lorsque nous nous déciderons à envoyer le plus fragile mais aussi le plus efficace moyen d'observation que nous possédons, l'homme lui-même !
| Labrot © 1997-2005. Dernière mise à jour : 26 juillet 2005. Des commentaires, corrections ou remarques ? N'hésitez pas, écrivez moi! | index |