Archives des brèves martiennes

Année 2007

Mars Reconnaissance Orbiter

Mars Reconnaissance Orbiter retrouve la vue
[26 août - 18:00] : La NASA peut à nouveau respirer :  son satellite espion en orbite autour de Mars a pleinement récupéré son acuité visuelle, après plusieurs mois d'inquiétude et d'incertitude.

Peu après le démarrage de sa campagne scientifique, les ingénieurs avaient commencé à noter la présence de bruit électronique au niveau de l'un des 14 détecteurs de la super caméra de Mars Reconnaissance Orbiter (HiRise).

Peu après, un deuxième détecteur fut touché par le problème et fin janvier, cinq détecteurs montraient des signes de faiblesse. L'inquiétude de voir le problème se propager à l'ensemble des détecteurs de la caméra avait alors grandi chez les ingénieurs responsables de l'instrument. Le bruit électronique se traduisait par une dégradation de la qualité des images acquises par la caméra HiRise. Si cette altération était encore à un niveau très subtile, les ingénieurs ont estimé que sur le long terme, elle pouvait tout à fait mettre en péril les capacités tant vantées de l'imageur de Mars Reconnaissance Orbiter.

Tout souci semble heureusement désormais écarté. Des tests avaient effectivement montré que le bruit électronique diminuait si la camera subissait un préchauffage avant de faire des prises de vues. En travaillant sur un modèle d'ingénierie, les ingénieurs ont alors réussi à comprendre la nature du problème. Une modification des paramètres de fonctionnement de l'instrument a alors permis de stopper la propagation du bruit électronique, puis de le faire presque totalement disparaître des détecteurs de HiRise. D'après la NASA, cela fait 5 mois que la caméra de Mars Reconnaissance Orbiter fonctionne de manière nominale.

Depuis le début de sa mission scientifique, Mars Reconnaissance Orbiter a renvoyé vers la Terre une quantité proprement astronomique d'informations, battant ainsi le record précédemment détenu par la sonde Mars Global Surveyor entre 1997 et 2006. Des six instruments qui équipent la sonde, l'imageur HiRise se taille la part du lion. HiRise a déjà fourni près de 3000 images haute résolution de la surface martienne, qui constituent d'ores et déjà le jeu de données le plus volumineux jamais collecté par un instrument scientifique sur Mars. L'internaute désireux de s'en mettre plein les mirettes peut découvrir les plus belles images obtenues par cette caméra en se rendant sur ce site dédié.

 

Spirit Spirit s'attaque au record de longévité de Viking 2
[26 août - 18:00] : Non content d'avoir pulvérisé des records de distance en roulant à la surface de Mars, les deux rovers Spirit et Opportunity sont bien partis pour battre également le record de longévité. Le rover Spirit, qui s'est posé sur Mars le 4 janvier 2004, vient en effet de voler à l'atterrisseur Viking 2 le titre convoité de la deuxième sonde ayant fonctionné le plus longtemps à la surface de Mars. Depuis son atterrissage sur Utopia Planitia le 3 septembre 1976, Viking 2 avait en effet survécu un peu moins de 4 années terrestres, avant de rendre l'âme le 12 avril 1980. Viking  occupe donc désormais la troisième place du classement, mais Opportunity ne va pas tarder à lui ravir sa position. Reste à voir si les deux coriaces rovers pourront détrôner le tenant du titre : Viking 1. Après son atterrissage sur Chryse Planitia le 20 juillet 1976, cette sonde a effectivement fonctionné plus de 6 années terrestres à la surface de Mars (elle s'est effectivement éteinte le 11 novembre 1982) !

 

Beagle 2 écrasé par un decepticon !
[26 août - 18:00] : Ce n'est pas une surprise, la véracité scientifique fait rarement bon ménage avec le spectaculaire. Si Mars possède un pouvoir d'attraction qui ne s'est jamais démenti, les films qui lui sont consacrés sont particulièrement indigents pour tout ce qui touche à l'exactitude scientifique ou technique. Il n'y a qu'à visionner Planète Rouge, ou Mission de Mars de Brian de Palma pour s'en convaincre.

Mais quoi de plus normal, pourriez-vous me rétorquer ? Sur des films qui s'étalent sur une heure trente voire deux heures, il est admissible d'y trouver quelques incohérences, sans compter que ces dernières peuvent être volontaires, et répondre à une contrainte esthétique ou scénaristiques. Si l'on adhère à cette conception, on pourrait alors être en droit d'attendre un sans faute quand Mars n'occupe qu'une seule scène n'est ce pas ?

Hé bien non :) Il y a quelques jours, je me suis rendu avec délice dans une salle obscure pour aller voir le blockbuster de l'été, Transformers. Ayant pénétré dans le cinéma sans a priori, j'avoue avoir passé un bon moment. Les effets spéciaux sont proprement hallucinant, l'humour jalonne le film (mention spéciale à Shia LaBeouf qui joue particulièrement bien), les formes viriles et métallique des robots contrastent avec bonheur avec les courbes autrement plus douces de Megan Fox, la bande son (signée Steve Jablonsky) est sublime pour qui est fan de Hans Zimmer, et on trouve enfin nombre de scènes d'action détonantes (mais que demander d'autre à Michael Bay ?).

Mais malgré tout cela, le robot le plus fascinant du film n'est à mon avis pas Optimus Prime, mais une machine bien réelle, qui est à l'action sur Mars à l'heure ou j'écris ces lignes. Transformers nous gratifie effectivement de quelques secondes ou l'on peut admirer le mat panoramique, les panneaux solaires, les roues et le bras robotique de l'un des deux rovers Spirit et Opportunity. A peine le robot a-t-il fait ses premiers tours de roue qu'il se fait fracasser par un decepticon ! Commentant la vidéo devant un John Voight médusé, un responsable d'une cellule secrète, baptisée section 7, conclu d'une voix froide et sinistre: "il y avait sur Mars plus que des roches !".

La scène dure en tout et pour tout 30 secondes. Avec un laps de temps aussi court, impossible d'y commettre une bourde n'est ce pas ? Détrompez vous ! Car dès la première seconde, les scénaristes se trompent sur l'identité de la sonde ! Cette dernière est présentée non pas comme étant Spirit ou Opportunity, mais comme ... Beagle 2 ! Certes, l'échec de cette capsule britannique n'est pas passé inaperçu, mais de là à confondre les deux ! Rappelons qu'il y avait une rivalité palpable entre les équipes américaines de la NASA responsables des rovers Spirit et Opportunity, et les équipes européennes de Beagle 2 (conduites à l'époque par l'excentrique Colin Pillinger). Les engins ayant atterri pratiquement en même temps, l'échec cuisant de Beagle 2 a de plus contrasté lourdement avec le succès phénoménal des rovers américains. De plus, si l'on pousse plus les l'analyse, le fait que le robot martien de Transformers ait émis des données pendant 13 secondes (sic) rappelle immanquablement le destin de la sonde russe Mars 3 ! Le robot martien est donc lui aussi en quelques sorte un Transformer, mi-Spirit, mi-Beagle 2, mi Mars 3. Amusant clin d'oeil certes, s'il avait été volontaire. Mais comme il est présenté, il apparaît plus comme le résultat d'une paresse documentaire, qui lamine la véracité historique et scientifique. Dans un film ou les robots jouent un si grand rôle, il est finalement fort dommage que le génie des hommes qui travaillent jour et nuit, et pour de vrai, sur ces fascinantes machines, soit ainsi dénaturé. Hollywood reste Hollywood, je suppose.

 

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