Archives des brèves martiennes

Année 2001

Mars Odyssey Mars Odyssey bientôt à poste
[29 décembre - 15:00] : Le freinage atmosphérique de Mars Odyssey continue de se dérouler sans accrocs. Le 24 octobre, après sa mise en orbite, la sonde mettait 18 heures et 30 minutes pour boucler une orbite. Aujourd'hui, elle effectue un tour complet en seulement 3 heures et 15 minutes. Les opérations d'aérofreinage devraient prendre fin début janvier (Mars Odyssey sera alors sortie de l'atmosphère martienne grâce à une manœuvre propulsive). Il faudra encore un mois aux ingénieurs pour affiner l'orbite et préparer la phase de cartographie, qui commencera début février.
Les études scientifiques, et en particulier la recherche d'eau dans le proche sous-sol, se poursuivront pendant au moins deux ans et demi.

 

Musique La musique de Mars Odyssey
[29 décembre - 15:00] : Le célèbre compositeur Vangelis, qui a signé quelques-unes des plus belles bandes originales de film (comme 1492 ou Blade Runner) a dédié un album à la mission Mars Odyssey. Mythodea parait fort sympathique (vous pouvez en écouter quelques extraits ici), mais question évasion, je lui préfère quand même la bande son du Seigneur des Anneaux !

 

Mars Odyssey Une découverte sensationnelle pour Mars Odyssey ?
[15 décembre - 16:00] : La sonde Mars Odyssey n'atteindra son orbite de cartographie qu'en février 2002, mais les scientifiques n'ont bien sûr pas résisté à l'envie d'allumer certains instruments scientifiques, pour effectuer des tests préliminaires. Après le spectro-imageur THEMIS, qui a renvoyé quelques belles images visibles et infrarouges, c'est les spectromètres à neutrons qui ont été activés. Ces instruments ont été conçus pour mesurer la quantité d'hydrogène (l'un des principaux constituants de la molécule d'eau) dans le sous-sol martien, jusqu'à 1 mètre de profondeur. Le test avait à peine commencé que les spectromètres décelaient d'importantes concentrations d'hydrogène autour de la calotte polaire nord. Les scientifiques s'attendaient bien à détecter de l'hydrogène, mais seulement après plusieurs orbites ! La meilleure manière d'expliquer cette impressionnante masse d'hydrogène est d'invoquer la présence de glace à proximité immédiate de la surface. Certes, il serait hasardeux de tirer des conclusions définitives de ce résultat préliminaire, mais il faut avouer que les premières données fournies par Mars Odyssey sont aussi excitantes que prometteuses ...

 

De l'eau sur Mars ? Mars, planète bleue
[15 décembre - 16:00] : Mars Odyssey n'est pas la seule sonde à s'intéresser à l'hydrogène martien. Il y a quelques semaines, la NASA a annoncé que le télescope spatial FUSE (une sorte de Hubble spécialisé dans le domaine ultraviolet) a détecté, pour la première fois, de l'hydrogène moléculaire (H2) dans la haute atmosphère de la planète rouge. Cet hydrogène moléculaire, qui proviendrait de la dissociation de la molécule d'eau, a permis d'estimer la quantité d'eau qui existait jadis sur Mars (d'autres données ont aussi été utilisées, comme la quantité de deutérium mesurée par le télescope spatial Hubble). D'après les scientifiques à l'origine de cette étude, si toute l'eau avait été répartie uniformément à la surface de la planète, cette dernière aurait été recouverte par un océan global de 1,25 kilomètres de profondeur. Si l'on ramène cette quantité à la masse de la planète, on s'aperçoit alors que Mars possédait 1,3 fois plus d'eau que la Terre. Il y a plus de 4 milliards d'années, la planète bleue n'était donc peut-être pas celle que l'on connaît aujourd'hui !

 

Mars Global Surveyor La planète rouge dégèle !
[9 décembre - 13:30] : En comparant des séries d'images acquises par Mars Global Surveyor, des scientifiques estiment que la planète rouge est entrée dans une phase de réchauffement global. En octobre 1999, l'infatigable orbiteur avait photographié les terrains de la calotte résiduelle australe. Si cette masse gelée est principalement constituée de glace d'eau, le dioxyde de carbone n'y est pas totalement absent et forme des étendues délicatement ouvragées. La surface, qui semble avoir été découpée à l'emporte pièce, est ponctuée de belles cuvettes circulaires et de majestueuses falaises en arc de cercles. En survolant à nouveau ces secteurs en août 2001, soit deux années terrestres (une année martienne) plus tard, Mars Global Surveyor a noté des changements non négligeables. Lorsque le printemps arrive dans l'hémisphère sud, les rayons du Soleil provoquent la sublimation du CO2 (passage direct de l'état solide à l'état gazeux). Or ce phénomène semble un peu plus important chaque année, comme en témoignent les clichés de Mars Global Surveyor. Sur les images de 2001, les cuvettes se sont élargies, les falaises ont reculé de plusieurs mètres, et des petites collines isolées ont tout simplement disparu. Le retrait des versants, bien visible sur cette animation (1,6 méga), est estimé à 3 mètres par année martienne. Au fil des ans, la calotte australe résiduelle perd donc de plus en plus de dioxyde de carbone au profit de l'atmosphère martienne (composée à 95 % de CO2). Si les choses continuent à ce rythme, la masse de l'atmosphère pourrait doubler sur un intervalle de temps très court (quelques centaines à un millier d'années). On s'en doute, un tel changement aurait des conséquences majeures sur le climat de la planète rouge. Finalement, l'homme n'aura peut-être pas à intervenir pour terraformer Mars !

 

Mars Odyssey Mars Odyssey poursuit son aérofreinage
[9 décembre - 13:30] : Le 1er décembre, la période de l'orbite suivie par Mars Odyssey est passée en dessous de la barre des 10 heures. Le freinage atmosphérique a actuellement lieu au-dessus du pôle nord martien, une région jusqu'à présent inexplorée. Or, en analysant les données renvoyées par Mars Odyssey, les ingénieurs ont découvert l'existence d'un vortex polaire, qui se caractérise par une faible densité atmosphérique. Si ce vortex intéresse grandement les météorologistes, il complique également les opérations de freinage atmosphérique. L'aérofreinage devrait se terminer en janvier 2002. A ce moment là, la sonde sera sur son orbite finale et pourra entamer la cartographie de la planète Mars.

 

Mars Global Surveyor La 100 000ème image de Mars Global Surveyor
[2 décembre - 12:30] : Après plus de quatre années en orbite martienne, la sonde Mars Global Surveyor a transmis à la Terre sa 100 000ème image. Acquis le 5 novembre 2001 au niveau de la région de Cyane Sulci (nord-est du volcan géant Olympus Mons), le cliché n'a en lui-même rien de spectaculaire. Ce qui l'est plus, c'est l'incroyable volume d'informations recueilli par Mars Global Surveyor : l'infatigable orbiteur a effectivement déjà retourné 163 gigabytes de données !
A titre de comparaison, rappelons que la totalité des données collectées par les quatre sondes Viking entre 1976 et 1982 avoisinait seulement 70 gigabytes, et que même encore aujourd'hui, toutes ces informations sont loin d'avoir été analysées en détails par les scientifiques ...

 

Mars Nouveau livre sur Mars
[18 novembre - 15:00] : Francis Rocard, qui occupe le poste de responsable des programmes d'exploration du système solaire au CNES, vient de publier un livre sur Mars dans la collection Dominos des éditions Flammarion. Après avoir replacé Mars dans l'histoire de l'astronomie et présenté les différentes sondes spatiales envoyées (avec plus ou moins de succès) vers cette planète, Francis Rocard fait le point sur les connaissances engrangées jusqu'à aujourd'hui par les scientifiques. Le livre se termine sur les perspectives d'avenir de l'exploration martienne (retour d'échantillons et missions habitées). Bien écrit et agréable à lire, cet ouvrage donne également des informations de première main sur certaines missions auxquelles le CNES a participé (Phobos, Mars 96, ballon martien). Seul regret, il se termine beaucoup trop vite. Certes, les livres de la collection Dominos tiennent plus du fascicule que de l'encyclopédie, mais d'un autre côté, on sent que l'auteur a beaucoup à raconter. On attend la suite avec impatience monsieur Rocard !

 

Mars Reconnaissance Orbiter Des yeux de lynx pour Mars Reconnaissance Orbiter
[11 novembre - 14:45] : On en sait un peu plus sur la super caméra qui équipera Mars Reconnaissance Orbiter, la sonde américaine prévue pour 2005. D'un coût de 31 millions de dollars, la caméra sera construite par la société Ball Aerospace. HiRISE, c'est son nom, fournira des images couleurs et stéréoscopiques dont la résolution pourra atteindre 25 centimètres par pixel ! A ce niveau de puissance, HiRISE pourra distinguer à la surface de Mars des objets de la taille d'un ballon de plage.
Histoire de nous mettre l'eau à la bouche, les responsables de la caméra ont dévoilé une image du grand canyon du Colorado, qui est en tout point similaire à celles que renverra HiRISE. Le fichier est assez gros (1,4 Méga), mais ça vaut le coup d'œil ...

 

Mars Odyssey La première image de Mars Odyssey
[11 novembre - 14:45] : La sonde Mars Odyssey, par l'intermédiaire du spectro-imageur THEMIS
, a réalisé sa première image de la planète rouge. Le cliché (visible ici) est une vue dans l'infrarouge thermique de la région polaire australe. Même s'il n'est pas aussi spectaculaire que les images de Mars Global Surveyor, il laisse promettre bien des résultats scientifiques. Sur l'image, on distingue aisément la calotte polaire sud, principalement formée de dioxyde de carbone solide. Comme l'indique l'échelle des températures, c'est un secteur extrêmement froid : malgré l'arrivée des premières chaleurs estivales, le thermomètre marque encore - 120°C ! Au moment de la prise de vue, la sonde était à 22 000 km de la planète, ce qui explique la résolution relativement faible de l'image (5,5 km/pixel). Lorsqu'elle aura rejoint son orbite de cartographie, Mars Odyssey évoluera à 400 km au-dessus de Mars, et la résolution de THEMIS avoisinera alors les 100 m/pixel.

 

Mars Odyssey En plein dans le mille !
[29 octobre - 21:45] : Le JPL a rendu publique les résultats de l'analyse des données télémétriques de Mars Odyssey. La précision de la manœuvre de mise en orbite a été diabolique, puisque le point d'insertion a été atteint à un kilomètre près ! En mettant à feu son moteur principal, Mars Odyssey s'est insérée sur une orbite elliptique d'une période de 18 heures et 36 minutes. Du très très beau travail donc. Bien que l'excitation soit à son comble a la NASA, tout n'est pas encore gagné pour autant. Le samedi 27 octobre, soit trois jours seulement après la mise en orbite, Mars Odyssey a entamé 3 longs mois d'aérofreinage. Cette technique, qui consiste à effleurer à maintes reprises (400 fois environ) les hautes couches de l'atmosphère martienne pour modifier les paramètres orbitaux, n'est effectivement pas sans risque (c'est d'ailleurs l'une des phases les plus critiques de la mission, avec le décollage et la mise en orbite). Le JPL va également devoir composer avec une gigantesque tempête de poussière, qui fait rage depuis maintenant plusieurs mois sur Mars. En modifiant de façon non négligeable la densité de l'atmosphère, cette tempête va rendre encore plus délicat l'aérofreinage. D'ailleurs, par mesure de prudence, la NASA a d'ores et déjà décidé de ralentir le rythme du freinage atmosphérique.
Si les opérations continuent à se dérouler comme prévu, Mars Odyssey devrait avoir rejoint son poste (une orbite circulaire à 400 kilomètres d'altitude, que la sonde bouclera en 2 heures) au mois de janvier 2002. L'orbiteur est en parfaite santé, mis à part l'instrument MARIE dont l'état est vraiment préoccupant. Les ingénieurs espèrent malgré tout pouvoir le remettre sur pied dans les semaines qui viennent. La première image de Mars (prise par l'instrument THEMIS) devrait normalement être dévoilée demain ...

 

Mars Odyssey Mars Odyssey en orbite
[24 octobre - 05:00] : La sonde Mars Global Surveyor a désormais un compagnon ! Le signal radio de l'orbiteur Mars Odyssey a été acquis avec succès par les stations de poursuite du DSN à 04:57 heure française, et pour l'instant, tout semble indiquer que l'insertion orbitale s'est déroulée comme prévu. Le début de la manœuvre a cependant réservé son lot de frayeurs à la NASA : le capteur de pression d'un réservoir a apparemment connu quelques défaillances, et l'allumage du moteur n'a pas pu être confirmé de suite, le DSN ayant perdu un certain nombre de données juste après la mise à feu. Les américains sont donc de retour sur Mars, et cela fait bien plaisir !

 

Mars Odyssey Good morning Mars !
[23 octobre - 18:30] : Pour les courageux qui n'auraient pas peur de se lever très tôt demain matin pour suivre la mise en orbite de Mars Odyssey, la NASA a mis en place une page très intéressante. Grâce à elle, vous pourrez surveiller le décalage doppler du signal radio émis par la sonde (l'un des rares indicateurs du bon allumage du moteur), ou suivre étape par étape le déroulement des opérations (avec en prime la possibilité de contrôler le niveau de carburant ou l'altitude de la sonde). Et si cela ne vous suffit pas, sachez que la manœuvre d'insertion orbitale sera aussi intégralement retransmise sur la télévision de la NASA (NASA TV). De plus, une webcam permettra d'apprécier l'ambiance (tendue à l'extrême ?) qui régnera dans la salle de contrôle. Enfin, la page spéciale que j'ai créé spécialement pour cet évènement sera aussi mise à jour en temps réel.
La mise en orbite va véritablement commencer à 04:26 (avec l'allumage du moteur), mais pour profiter pleinement du spectacle, l'idéal sera probablement de se connecter avec une bonne demi-heure d'avance. N'oubliez pas de programmer votre cafetière !

 

Mas Exploration Rover Les sites d'atterrissage des rovers de 2003
[21 octobre - 18:30] : A l'issue du colloque qui s'est tenu les 17 et 18 octobre à Pasadena en Californie, 4 sites d'atterrissage potentiels ont été retenus pour les deux rovers martiens de 2003 : Terra Meridiani, Melas Chasma (en plein coeur de Valles Marineris), le cratère Gusev et Athabasca Vallis, une vallée située dans le secteur d'Elysium. La sonde Mars Global Surveyor va maintenant se livrer à une étude approfondie de ces quatre régions. Pour la sélection finale, rendez-vous en avril 2002 ...

 

SNC Nouvelle caillasse martienne
[16 octobre - 22:00] : Et une de plus ! En février dernier, les français Bruno Fectay et Carine Bidaut ont découvert une nouvelle météorite martienne dans le désert du Sahara. Baptisée NWA 856, elle pèse 320 g et appartient à la catégorie des Shergottites.
Une trouvaille qui porte à 19 le nombre de pierres en provenance de Mars ramassées sur notre bonne vieille planète ...

 

Tempête de poussière Quand l'Histoire se répète
[16 octobre - 22:00] : La formidable tempête de poussière qui fait rage sur la planète rouge depuis le 15 juin dernier a été photographiée par deux des engins les plus puissants de la NASA : la sonde Mars Global Surveyor et le télescope spatial Hubble. L'image de Hubble est visible ici, et celles de Mars Global Surveyor ici. Comme vous pourrez le constater, les clichés sont de toute beauté, ce qui explique que les scientifiques soient aux anges ! Pour retrouver une tempête d'une telle ampleur, il faut remonter 30 ans en arrière, au mois de novembre 1971. A cette époque, alors que la sonde américaine Mariner 9 s'apprêtait à se mettre en orbite (une première mondiale), la planète Mars était littéralement noyée sous un épais brouillard poussiéreux. Pour les scientifiques, la situation était devenue aussi excitante que gênante. La surface de Mars étant totalement masquée, Mariner 9 ne pouvait effectivement rien étudier, que la tempête elle-même ! Pour pouvoir commencer véritablement sa mission, la sonde a tout simplement du attendre que la poussière retombe. Aujourd'hui, en cette fin d'année 2001, l'Histoire semble se répéter. Alors que Mars est à nouveau plongée sous une véritable purée de pois, une sonde américaine fonce vers la planète rouge. Comme Mariner 9 en son temps, l'intrépide Mars Odyssey a du souci à se faire. Avec une telle quantité de poussière dans l'atmosphère, les manœuvres d'aérofreinage (indispensables pour que la sonde atteigne son orbite de cartographie) vont effectivement devenir très risquées ...

 

Mars Odyssey 4ème TCM pour Mars Odyssey 
[16 octobre - 22:00] : Le 12 octobre dernier, la sonde Mars Odyssey a effectué sa quatrième manœuvre de correction de trajectoire (TCM).
Les moteurs, qui ont fonctionné pendant 3 secondes, ont modifié l'altitude d'arrivée de quelques kilomètres. Les navigateurs se réservent le droit de réaliser un ajustement de dernière minute, juste avant la manœuvre d'insertion orbitale. Cette dernière est toujours prévue pour le 24 octobre à 04:26 heure de Paris (humm, ça va être dur de se lever pour suivre ce grand moment !).

 

Mas Exploration Rover Nouvelle date pour le colloque des rovers de 2003
[16 octobre - 22:00] : Le colloque pour la sélection des sites d'atterrissage des rovers de 2003, qui avait été reporté suite aux tragiques évènements du 11 septembre dernier, aura finalement lieu le 17 octobre à Pasadena en Californie. Une chouette date, puisque c'est également celle de mes 30 ans (tu vois Rolland, il n'y a pas de justice sur cette Terre !).

 

MRO Lockheed Martin construira MRO
[7 octobre - 13:30] : C'est sans grande surprise que l'on a appris le nom du fabricant de la sonde américaine MRO. Cet orbiteur, dont le lancement est prévu pour le mois d'août 2005, sera construit par la firme Lockheed Martin Astronautics. Malgré les pertes des sondes Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander en 1999, cette société semble donc toujours avoir les faveurs de la NASA lorsqu'il s'agit de concevoir et d'assembler des orbiteurs martiens.

 

Mars Global Surveyor Un monde sous la poussière
[23 septembre - 17:00] : Le 12 septembre 2001, la sonde Mars Global Surveyor a fêté le quatrième anniversaire de sa mise en orbite. Pour commémorer l'évènement, la NASA a publié une image époustouflante de la tempête de poussière qui fait rage depuis maintenant plus de 3 mois sur la planète rouge. Le cliché a été obtenu par la caméra grand angle de Mars Global Surveyor.
La totalité de la surface est couverte par un voile de poussière, ce qui explique l'aspect laiteux de la photographie et le petit nombre de détails visibles. On distingue seulement les canyons entrelacés de Noctis Labyrinthus, ainsi que le volcan géant Ascraeus Mons. Son voisin, le volcan Pavonis Mons, disparaît presque totalement sous la poussière. Un gigantesque bouillonnement poussiéreux, qui a vraisemblablement pris naissance dans la région polaire australe, est en train de se ruer avec violence vers les régions équatoriales. Une autre tempête plus petite agite l'atmosphère au nord-ouest d'Ascraeus Mons. Inutile de vous dire que dans ces conditions, la caméra haute résolution de Mars Global Surveyor ne peut pratiquement plus prendre d'images de la surface martienne ! Pour admirer le cliché (260 Ko), cliquez ici.

 

CNES Orbiteur martien : le CNES fait dans le classique
[23 septembre - 17:00] : Le CNES vient d'annoncer la nature de la charge scientifique complémentaire (NetLander mis à part) qui sera placée sur l'orbiteur de 2007. Le comité des programmes scientifiques de l'agence spatiale a finalement jeté son dévolu sur un spectromètre millimétrique, qui sera chargé d'étudier l'atmosphère et la météorologie martienne. Un autre instrument se penchera sur la fuite de l'atmosphère martienne dans l'espace. On le voit, le CNES a opté pour une expérience classique et peu risquée. Certes, l'orbiteur de 2007 est avant tout un démonstrateur technologique, et il aura déjà fort à faire avec l'aérocapture et le rendez-vous en orbite martienne, deux techniques très risquées. Le choix du CNES est néanmoins décevant, et ce pour deux raisons. La première, c'est que des expériences bien plus originales avaient été proposées, comme des prélèvements atmosphériques ou une auscultation in-situ de la lune Phobos. La deuxième raison porte sur l'utilité de l'instrument proposé. Selon le CNES, ce dernier n'a pas encore d'équivalent. Il se pourrait cependant qu'il soit très similaire au PMIRR, un instrument que la NASA a déjà tenté d'envoyer à deux reprises (sans succès) vers la planète rouge. Notons aussi que les expériences risquent de faire double emploi avec la charge utile de la sonde européenne Mars Express. Cette dernière embarque effectivement trois instruments dédiés à l'étude de l'atmosphère (PFS, SPICAM et ASPERA). Pour enfoncer le clou, l'étude de l'échappement atmosphérique est également l'une des raisons d'être de la sonde japonaise Nozomi, qui va d'ailleurs travailler conjointement avec Mars Express ...

 

Mars Odyssey Mars Odyssey ajuste à nouveau son cap
[23 septembre - 17:00] : Le 16 septembre dernier, la sonde Mars Odyssey a effectué avec succès sa troisième manœuvre de correction de trajectoire (TCM). Les moteurs, qui ont fonctionné pendant 12 secondes, ont modifié la vitesse et la direction de l'orbiteur en vue de sa mise en orbite, prévue pour le 24 octobre (02:30 GMT). A part quelques ennuis (qui pourraient être sérieux) avec l'instrument MARIE, la sonde est dans une forme relativement bonne.

 

NASA Un report de deux ans pour Smart Lander ?
[23 septembre - 17:00] : En 2007, en vue de la préparation du retour d'échantillons, la NASA prévoyait de lancer vers Mars un robot mobile très évolué. Selon certaines rumeurs, cette mission pourrait maintenant être reportée de deux ans, principalement pour des considérations financières. Le budget alloué au programme martien a déjà été revu à la baisse, et au vu de l'actualité américaine, il semble hasardeux d'envisager une amélioration. Si Smart Lander s'envole en 2009 (éventuellement avec l'orbiteur italien), la mission de retour d'échantillons ne sera pas lancée avant 2013. Une belle incertitude plane également sur la première mission Scout, prévue elle-aussi pour 2007. Seule bonne nouvelle, la mission française du CNES ne serait pas touchée par ces remaniements du programme martien.

 

Mas Exploration Rover Mars Exploration Rover : Report du colloque
[16 septembre - 18:00] : Suite aux tragiques évènements qui ont frappé les Etats-Unis, le colloque sur la sélection des sites d'atterrissage des rovers de 2003 a été reporté à une date indéterminée.

 

Mars en berne Une soudaine envie de vomir
[11 septembre - 23:00] : Comment ne pas se sentir honteux d'appartenir au genre humain quand on assiste, confortablement installé dans son fauteuil, à un tel déchaînement de barbarie ? Comment des hommes peuvent-ils avoir aussi peu de considération pour la vie d'autrui ? Même les animaux ne dévastent pas leurs semblables avec une telle rage. Finalement les horreurs qui jalonnent l'histoire de l'humanité ne sont pas derrière nous.
Bien qu'elles aient changé de visage elles hantent encore, tel un spectre blafard, notre planète. Devant la vision de ces deux buildings tombant en poussière, je me suis demandé si nous étions assez matures pour poser le pied sur un autre monde. Je crois que la réponse est non, définitivement non. Mes plus sincères condoléances aux personnes touchées par cet attentat atroce.

 

Mas Exploration Rover L'étau se resserre autour des sites d'atterrissage des rovers de 2003
[9 septembre - 18:40] : En janvier dernier, lors d'un meeting qui s'était tenu au centre Ames de la NASA en Californie, 185 propositions de sites d'atterrissage pour les deux rovers de 2003 avaient été scrupuleusement examinées. 26 sites avaient finalement été retenus, 9 ayant été jugés hautement prioritaires (le secteur à hématite de Sinus Meridiani, les cratères Gusev et Gale, Melas Chasma dans Valles Marineris, les plaines d'Elysium et le secteur sud du basin d'Isidis). Le processus de sélection va continuer le 17 et 18 septembre prochain, au cours d'un colloque qui se tiendra à l'université de Cornell dans l'Ithaca. En se basant sur les dernières observations effectuées par Mars Global Surveyor, les scientifiques et ingénieurs vont devoir réévaluer les sites d'atterrissage et redéfinir leur priorité. Notons que certaines ellipses d'atterrissage ont d'ores et déjà été légèrement décalées, et que d'autres sites ont aussi été purement et simplement éliminés (surface trop accidentée, températures trop basses). A l'issue de ce meeting, quatre sites d'atterrissage seront proposés à la NASA, ainsi qu'un nombre limité de sites de secours (au cas ou l'un des sites principaux se révèlerait impraticable ou sans intérêt). La sélection finale aura lieu lors d'un colloque actuellement programmé pour le mois de mars ou d'avril 2002. Deux larges secteurs de 10° x 15°, dans lesquels les rovers devront obligatoirement se poser, seront choisis (les scientifiques et ingénieurs pourront cependant toujours continuer à chercher le meilleur emplacement possible à l'intérieur de ces secteurs). Si j'avais à me prononcer, je prendrais Sinus Meridiani pour le premier rover, et Melas Chasma pour le deuxième. D'après la NASA, le colloque de 2002 sera également l'occasion d'identifier des sites d'atterrissage potentiels pour la mission de 2007. Quelle que soit les sites qui seront finalement sélectionnés, il faut avouer que tous ces projets d'atterrissage sur Mars font rudement plaisir à voir !

 

Tempete de poussiere Sortez les balais et les plumeaux !
[2 septembre - 15:10] : La tempête de poussière planétaire qui avait débuté le 15 juin dernier dans le bassin d'Hellas fait toujours rage sur la planète rouge. La preuve avec la dernière image du TES de Mars Global Surveyor (datée du 29 août), qui montre un globe martien totalement noyé sous un manteau de poussière. C'est impressionnant, il n'y a pas d'autres mots !

 

Sondage radar De l'Egypte à la planète rouge
[2 septembre - 15:10] : Deux instruments scientifiques martiens de première importance vont être prochainement testés dans le désert égyptien. Ce dernier a été choisi en raison de certaines ressemblances avec les déserts de la planète rouge : des réservoirs d'eau sont effectivement situés à quelques centaines de mètres sous sa surface, ce qui est peut-être aussi le cas sur Mars. De plus, ses propriétés physiques et minéralogiques se prêtent bien à une pénétration par des ondes radio. En février 2002 le radar GPR des petites stations NetLander (lancement en 2007) sera donc mis à l'épreuve sur les terres désertiques de Siwa. Fin 2002 ou début 2003, ce sera au tour du radar Ramsès de sonder jusqu'à une profondeur de 20 mètres le désert de Bir Saf-Saf. Une version de Ramsès devrait normalement partir vers Mars en 2009, vraisemblablement à bord d'un orbiteur italien. La sonde Mars Express, dont le départ est prévu pour le mois de juin 2003, emporte elle aussi un radar (MARSIS), le premier jamais envoyé vers Mars. Émettant des pulses d'ondes radio à basses fréquences, il sera capable de pénétrer la croûte martienne sur une profondeur de 5 kilomètres, et de détecter d'éventuelles poches de glace ou d'eau. La mission Mars Express étant déjà bien avancée, MARSIS ne pourra par contre pas être testé de manière intensive autour des pyramides d'Egypte.

 

Vie sur Mars Oh joie ! Oh bonheur ! Les données de l'expérience LR sont disponibles sur Internet !
[29 août - 08:30] : Depuis 25 ans, une vive controverse entoure les résultats obtenus par l'une des trois expériences biologiques des atterrisseurs Viking. En 1976, contre toute attente, l'expérience Labeled Release (LR) avait renvoyé à la Terre des données positives. Pour son responsable, Gilbert Levin, il ne faisait aucun doute que l'instrument avait découvert des formes de vie microbiennes dans le sol martien. Effrayée par cette bouleversante conclusion, la NASA s'était empressée de trouver une explication purement chimique aux résultats obtenus par cette expérience. Le sol martien, très réactif d'un point de vue chimique, avait pu réagir avec le bouillon de culture et provoquer des réactions faussement positives. Pour justifier sa position, la NASA invoquait la nature bien particulière de la surface martienne. Desséchée, baignée par un fort flux de rayonnements ultraviolet et bourrée d'agents oxydants au pouvoir destructeur, elle était forcément impropre à toute vie. Un autre instrument scientifique, le GC-MS, fut utilisé pour asséner le coup de grâce. Celui-ci s'était effectivement révélé incapable de détecter la plus petite trace de molécules organiques (les briques constitutives des êtres vivants). Comment le sol martien pouvait-il contenir des microbes, si l'on était incapable de déterrer leurs cadavres ? Pendant 25 ans, Gilbert Levin s'est battu en vain pour que la communauté scientifique étudie de plus près les données de son instrument. Aujourd'hui, son rêve va peut-être devenir réalité. Un site Internet, hébergé par l'Université de Washington et sponsorisé par la NASA (quelle ironie !) permet désormais d'accéder à la presque totalité des données de l'expérience Labeled Release. L'affaire Levin est revenue récemment sur le devant de la scène grâce à une intrigante découverte effectuée par le docteur Miller. Après avoir récupéré (non sans mal) les données du Labeled Release, Miller a mis en évidence des variations qui ressemblent à s'y méprendre à un rythme circadien. Sur Terre, les organismes vivants présentent des variations de leur activité biologique sur une période de 24 heures. Ces biorythmes sont considérés comme une signature du monde vivant. Or les variations découvertes par Miller se reproduisent toutes les 24,66 heures, une durée qui est parfaitement identique à celle d'un jour martien ! Pour que les études puissent se poursuivre, Miller a demandé à ce que les données du Labeled Release soient rendues publiques, et la NASA a accédé à sa requête.
Ces données historiques sont donc aujourd'hui librement consultables, ce qui représente un magnifique cadeau pour tout les passionnées de la planète Mars. Bien sur, cela ne risque pas de mettre un terme à la controverse qui oppose Levin à la majorité de la communauté scientifique, mais ce chercheur de renom sera peut-être pris un peu plus au sérieux. Pour ma part, il y a juste une chose qui m'inquiète : j'espère simplement que les cinglés du visage martien ne vont pas se jeter sur ces données comme ils l'ont fait pour les images de Mars Global Surveyor. En les tripatouillant dans tous les sens, ils seraient effectivement bien capables d'y trouver la preuve ultime de l'existence d'une civilisation extraterrestre, qui n'aurait bien entendu rien de microbienne !

 

Mars Odyssey Perte potentielle d'un instrument pour Mars Odyssey
[21 août - 08:30] : MARIE, l'un des trois instruments scientifiques de la sonde Mars Odyssey, connaîtrait actuellement de sérieux problèmes. Destiné à étudier le niveau de radiations autour de la planète Mars, cet instrument a brutalement cessé de répondre la semaine dernière, au cours d'un transfert de données. Pour reprendre le contrôle, les ingénieurs ont alors tenté un redémarrage (une technique très similaire au reboot de votre ordinateur lorsque celui-ci va mal !). Malheureusement, toutes les tentatives pour rallumer l'appareil ont pour l'instant échoué. Une équipe d'investigation a été formée pour étudier cette panne alarmante, mais elle ne tentera de remettre MARIE sur pied qu'après la mise en orbite. La NASA désire effectivement que les techniciens et ingénieurs se concentrent sur la manœuvre d'insertion orbitale, qui aura lieu le 23 octobre prochain. Rappelons qu'en septembre 1999 la sonde Mars Climate Orbiter avait disparu au cours de cette phase critique, pulvérisée par l'atmosphère martienne. Les deux autres instruments de la charge utile, le spectromètre gamma GRS et le spectro-imageur THEMIS continuent de fonctionner normalement. Des trois expériences embarquées sur Mars Odyssey, MARIE était la moins importante. Reste qu'il s'agissait du premier instrument conçu pour quantifier les dangers potentiels de l'environnement martien sur l'Homme, et que sa défaillance est de bien mauvaise augure pour la suite de la mission.

 

NASA Baptême de l'air pour l'avion martien
[20 août - 21:10] : Le 9 août dernier, la NASA a testé avec succès un prototype d'aéroplane qui volera peut-être un jour dans le ciel martien. Transporté à 31 390 mètres d'altitude par un ballon gonflé à l'hélium (à cette hauteur, la pression de l'air est comparable à celle de l'atmosphère martienne), le petit planeur a ensuite été abandonné à son sort. Baptisé Orville - en l'honneur de l'un des frères Wright (qui réussirent en décembre 1903 le premier vol depuis le sol américain), le prototype affiche des dimensions tout à fait raisonnables : 1,20 mètres de longueur pour 2,40 mètres d'envergure. Le test s'est parfaitement déroulé et Orville a tenu toutes ses promesses.
Les ingénieurs ne sont cependant pas au bout de leur peine et de nombreux points restent à étudier avant de pouvoir admirer les évolutions aériennes de cet élégant engin d'exploration spatiale. L'appareil devra tout d'abord être équipé d'un système de propulsion adapté à l'atmosphère martienne. Notons à ce propos que l'avion Helios - qui a battu le 13 août un record du monde d'altitude en évoluant à 29 410 mètres - a prouvé que le vol propulsé à la pression atmosphérique martienne est tout à fait possible. Deuxième sujet épineux, la stabilité en vol, qui ne devra pas gêner le fonctionnement des instruments scientifiques (embarqués sur une nacelle). Enfin, de façon à ce qu'il occupe le moins de place possible lors du voyage Terre - Mars, l'avion spatial sera recroquevillé à l'intérieur d'une petite capsule, et les ingénieurs devront donc concevoir une astucieuse voilure pliable. En évoluant à des altitudes bien inférieures à celles des orbiteurs, le drone martien devrait fournir des images étourdissantes de la surface de la planète rouge. A titre d'exemple, sa caméra sera capable de distinguer des détails de seulement 5 centimètres d'envergure ! (à comparer avec la résolution de 1,4 mètres de la caméra de Mars Global Surveyor). Dans un excès d'optimisme (aussi déplacé qu'habituel), la NASA avait annoncé un lancement pour 2003. Aujourd'hui, on évoque plus prudemment la date de 2007. Certes, cela fait quelques années de plus à patienter, mais mieux vaut tard que jamais n'est ce pas ?

 

NASA Un ballon de plage pour explorer Mars
[12 août - 12:15] : Les ingénieurs du JPL ne manquent décidément pas d'imagination. Ils travaillent effectivement à la mise au point d'un engin surprenant, qui pourrait servir dans un futur proche à l'exploration martienne. Non, il ne s'agit pas d'une chenille rampante ou d'un robot sauteur, mais d'un énorme ballon gonflable, haut de 2 étages ! Une fois sur Mars, cette sphère géante de 6 mètres de diamètre profiterait simplement des vents pour se déplacer. Des calculs préliminaires ont montré qu'elle pourrait ainsi franchir des rochers de 1 mètre de haut, et gravir avec aisance des pentes de 25°. Les instruments scientifiques (magnétomètre, radar) seraient maintenus au centre du ballon par une série de câble. L'ensemble serait très léger, puisque la sphère pèserait seulement 20 kg, le même poids étant alloué à la charge utile (les instruments scientifiques). Si le ballon géant finit par arriver sur un site prometteur, les ingénieurs pourront l'immobiliser en le dégonflant partiellement. Une fois la région étudiée en détails, le ballon sera regonflé, et il pourra continuer sa course au gré des courants éoliens. Ce concept ingénieux de ballon explorateur offre également deux autres avantages de taille : il remplacera le parachute pendant la descente vers la surface martienne, et jouera le rôle d'airbag pour l'atterrissage en amortissant les chocs. Qui sait, peut-être qu'un jour une vingtaine de ces engins dévaleront joyeusement les pentes de Valles Marineris, dans une avalanche bruyante et colorée ...

 

Mars Mars sous les eaux
[5 août - 18:00] : Des scientifiques américains auraient découvert sur Mars le plus grand chenal d'inondation du système solaire. Composé d'un système de vallées gigantesques - la largeur de certaines avoisinerait les 200 km - ce chenal est situé au nord-ouest d'Arsia Mons (l'un des plus grands volcans martiens) et au sud d'Amazonis Planitia, une vaste plaine qui a probablement accueilli dans le passé un ancien océan. Aujourd'hui partiellement enterré sous des flots de laves, des couches de cendres et des dépôts éoliens, la cicatrice laissée par les eaux n'a cependant pas échappé au regard inquisiteur de l'altimètre laser de la sonde Mars Global Surveyor. Avant cette découverte, c'était la vallée martienne Kasei Vallis qui détenait le titre du fleuve le plus important de tout le système solaire. Le nouveau chenal exhumé par l'altimètre de Mars Global Surveyor est ... 10 fois plus large ! Le cataclysme qui a creusé ce chenal aux proportions inhumaines a sans doute été provoquée par une très forte activité volcanique. Sous l'intense chaleur dégagée par les volcans du dôme de Tharsis, la glace contenue dans le sous-sol a brusquement fondu. Des torrents d'eau liquide, charriant des blocs de glace et des fragments rocheux, se sont alors rués en surface, dévastant tout sur leur passage dans un fracas de fin du monde. Selon les scientifiques, le débit a pu atteindre 50 000 fois celui du fleuve Amazone. Après avoir submergé les terres martiennes avec une violence inouïe, les flots d'eau sont venus mourir dans la plaine d'Amazonis Planitia. Quelques semaines plus tard, cette dernière était remplie à ras bord. Là où il n'y avait qu'une morne étendue désertique de sable et de poussière, se trouvait désormais un véritable océan ! Des inondations d'une puissance qui défie l'imagination, des trombes d'eau qui jaillissent d'un sol désertique, un océan qui se remplit en quelques semaines, tout cela laisse décidément bien rêveur ...

 

NASA Brainstorming autour de la fusée martienne
[28 juillet - 13:15] : L'un des éléments clés de la mission de retour d'échantillon est sans conteste le véhicule de remonté martien (MAV), une sorte de petite fusée qui devra décoller de la surface martienne et placer en orbite, à 600 km d'altitude, les échantillons de roches et de sols collectés par les rovers. Pour concevoir le MAV, la NASA avait lancé un appel d'offre à différentes compagnies oeuvrant dans le secteur de l'astronautique. Sur les cinq propositions reçues, la NASA en a retenu trois.
Pendant six mois, et pour la modique somme de 300000 $, les ingénieurs de Boeing, Lockheed Martin et TRW vont devoir se creuser la tête pour inventer une fusée martienne digne de ce nom. Les concepts qui jailliront de ces études théoriques serviront à la définition des spécifications finales du MAV. C'est sans doute très facile à dire, mais faites-nous un truc qui marche !

 

Mars Odyssey Mars Odyssey à mi-parcours
[28 juillet - 13:15] : La sonde Mars Odyssey a déjà parcouru plus de la moitié du trajet qui la sépare de la planète rouge. Le 16 juillet, l'orbiteur se trouvait à 45,8 millions de kilomètres de la Terre, et il lui restait exactement 100 jours de voyage à accomplir avant d'atteindre son objectif.
D'après les navigateurs, Mars Odyssey suit une trajectoire parfaite, et l'engin ne risque donc pas de se crasher lamentablement sur Mars lors de la mise en orbite, comme son infortuné prédécesseur Mars Climate Orbiter.

 

Tempête de poussière Avis de tempête sur Mars
[15 juillet - 18:50] : Une importante tempête de poussière, phénomène typique et fascinant de la météorologie martienne, fait actuellement rage sur la planète rouge. Grâce au spectromètre d'émission thermique (TES) qui équipe la sonde Mars Global Surveyor, les scientifiques ont pu suivre son développement. La tempête s'est levée le 15 juin dernier avec l'apparition d'un petit nuage poussiéreux dans le bassin d'Hellas, un vaste cratère d'impact situé dans l'hémisphère sud. Une dizaine de jours plus tard, elle avait déjà pris une certaine ampleur et depuis, elle ne cesse de s'intensifier. A l'heure actuelle, elle a envahi l'hémisphère nord et recouvre plus de la moitié de la surface martienne. Si son déchaînement continue, cette tempête pourrait devenir globale et envelopper la totalité de la planète. Les scientifiques estiment même qu'elle est de nature à rivaliser avec la grande tempête de 1971, qui avait plongé Mars sous un voile opaque et posé des ennuis plus ou moins dramatiques à la sonde américaine Mariner 9 et aux sondes soviétiques Mars 2 et Mars 3. Notons que cette tempête de poussière est assez précoce, ces dernières ayant tendance à apparaître un peu plus tard dans l'année. Un adage martien dit que lorsqu'une grande tempête de poussière se manifeste avec autant d'avance, on peut logiquement en redouter plusieurs autres de même envergure au cours de l'année. Mars Global Surveyor nous confirmera la véracité de cette alléchante prédiction. En attendant, vous pouvez assister au déferlement des forces martiennes sur le site web du TES.

 

Mars Odyssey Mars Odyssey ajuste son cap
[5 juillet - 22:45] : La sonde Mars Odyssey a effectué avec succès le 2 juillet dernier sa deuxième manœuvre de correction de trajectoire (TCM). Les moteurs, qui ont fonctionné pendant 23 secondes, ont modifié la vitesse de l'orbiteur de 0,9 m/s. Mars Odyssey se porte à merveille, et ses trois instruments scientifiques fonctionnent correctement. La sonde est actuellement à 35 millions de kilomètres de la Terre.

 

Mars Plein les mirettes avec Hubble
[5 juillet - 22:15] : Le télescope spatial Hubble a réalisé le 26 juin la meilleure image de Mars jamais prise depuis la Terre. La planète rouge était en pleine opposition, et sa distance n'était alors que de 68 millions de kilomètres. Le cliché du télescope Hubble - absolument sidérant - permet d'apercevoir une foule de détails, comme plusieurs tempêtes de poussière (l'une est visible au-dessus de la calotte polaire nord en haut de l'image, tandis qu'une autre apparaît au niveau du bassin d'impact Hellas en bas à droite). Pour admirer le travail d'Hubble, c'est par ici. Une image à haute résolution (environ 500 Ko) est également disponible. A titre de comparaison, vous pouvez aussi jeter un oeil sur d'autres images plus anciennes acquises par Hubble.

 

Observation Un rubis dans le ciel
[1er juillet - 21:30] : Ce soir, avant de vous abandonner dans les bras de Morphée, ouvrez votre fenêtre et prenez quelques minutes pour observer la voûte céleste. Pour peu que l'on soit calme et détendu, d'humeur réceptive, le spectacle devient vite enivrant. Mais en cette période de l'année, il l'est encore davantage : depuis mi-juin, en regardant plein sud, on peut effectivement admirer Mars. D'un naturel plutôt timide, la planète rouge n'apparaît la plupart du temps que comme un simple point, perdu dans l'immensité du ciel étoilé. Cependant, une fois tous les deux ans, elle devient audacieuse et s'aventure près de la Terre. Dans le ciel, Mars rayonne alors comme un ardent brasier, et le regard est immanquablement attiré par ce joyau qui éclipse par la beauté de sa lumière cuivrée toutes les autres étoiles et planètes. Cette période particulièrement propice à l'observation de Mars est dénommée opposition. Lors d'une opposition, Mars, la Terre et le Soleil sont parfaitement alignés, la Terre étant située au milieu (Mars devenant ainsi visible dès que le Soleil se couche). Cette année, l'opposition s'est produite le 13 juin. Quelques jours plus tard, le 21 juin, les deux planètes ont atteint leur distance minimale : 67 millions de kilomètres, une situation qui ne s'était pas produite depuis 1988. Dans deux ans, en 2003, l'opposition sera encore plus spectaculaire, puisque Mars passera à moins de 56 millions de kilomètres de notre planète. Jamais depuis 1924 les deux astres ne s'étaient frôlées d'aussi près. A cette distance, la planète rouge scintillera véritablement de mille feux, tel un phare dans le ciel nocturne. Une vision inoubliable, qu'il sera particulièrement dommage de rater. Pour retrouver une telle proximité entre les deux planètes, il faudra effectivement patienter jusqu'en ... 2287 !

 

NASA Scout un jour, scout toujours
[1er juillet - 20:45] : La NASA a récemment sélectionné 10 propositions (sur un total de 43) pour le premier représentant des Scouts, une nouvelle classe de sondes martiennes apparue avec la restructuration du programme d'exploration de Mars de l'agence spatiale américaine. Les ingénieurs et les scientifiques s'en sont donnés à cœur joie, comme l'atteste la liste des heureux gagnants : SCIM (retour d'échantillons de poussière et d'atmosphère), Kitty Hawk (survol de Valles Marineris par 3 planeurs), Urey (robot capable de déterminer l'age absolu des roches), MACO (réseau de microsatellites météorologiques), Artemis (groupe de trois stations équipées de micro-rovers, dont deux seront dirigées vers les pôles), MEO (orbiteur axé sur la problématique de l'eau), Pascal (réseau de 24 micro-stations météorologiques), Mars Scout Radar (orbiteur équipé d'un radar pour le sondage du sous-sol), The Naiades (groupe de quatre atterrisseurs dédiés à la recherche d'eau dans le sous-sol) et enfin Cryoscout (un robot qui se frayera un chemin dans l'une des calottes polaires en crachant des jets d'eau chaude !).
Chaque équipe nominée recevra un chèque de 150 000 dollars pour conduire une étude préliminaire (d'une durée de six mois) de son projet. La sélection finale aura lieu l'année prochaine. Quelle que soit le concept qui sera choisi, le premier Scout devrait s'envoler vers la planète rouge en 2007.

 

Petits hommes verts Le visage de Mars se fait tirer le portrait
[26 mai - 13:40] : Le 5 avril 1998, plus de 20 ans après Viking 1, la sonde Mars Global Surveyor prenait une image à haute résolution du célèbre visage de Mars. Les amateurs de petits hommes verts, qui s'échinent à voir dans le visage une construction d'origine extraterrestre, ne furent cependant pas convaincus. L'image avait été prise en plein hiver, et l'atmosphère laiteuse, chargée de nuages et de brumes, avait pu masquer certains détails essentiels. Le 8 avril 2001, Mars Global Surveyor a donc pris un nouveau cliché de l'énigmatique formation, en plein été cette fois. Avec une résolution de 2 mètres par pixel, l'image est la plus précise jamais obtenue du visage martien. Comme celle de 1998, elle ne montre bien sûr qu'une simple colline fortement érodée, qui n'a rien d'artificiel. Gageons cependant que cette nouvelle image ne mettra pas fin à la polémique qui entoure le visage de Mars. Des cinglés comme Richard Hoagland ont même déjà commencé à retoucher le cliché pour y faire apparaître... une tête de lion ! Si vous voulez admirer l'image de MGS, c'est par ici.

 

Metéorites martiennes Nouvelle caillasse martienne !
[25 mai - 17:50] : Bruno Fectay et Carine Bidaut, les deux découvreurs de la météorite martienne Théodore-Monod (qui a été officiellement vendue au CNES le 4 avril dernier), viennent d'ajouter une nouvelle pierre de Mars à leur tableau de chasse. Baptisée NWA 817, cette 18ème météorite martienne de 104 g a été dénichée dans le Sahara marocain. D'après les analyses chimiques, il s'agit d'une Nakhlite. Cette classe de météorites, dont le dernier exemplaire a été découvert en 1958 au Brésil, est assez rare : sur les 18 météorites martiennes connues, on ne compte effectivement que 4 Nakhlites. Notons également qu'une autre caillasse martienne (nom de code Sayh al Uhaymir 094) a été ramassée dans le désert du Sultanat d’Oman, à proximité de la zone de récolte de trois autres météorites similaires (Sayh al Uhaymir 005, Sayh al Uhaymir 008 et Sayh al Uhaymir 051). Jusqu'à preuve du contraire, les géologues estiment que ces quatre fragments proviennent d'une seule et même roche, qui se serait fragmentée avant d’arriver au sol. Ce caillou (qui n'est donc pas comptabilisé comme une nouvelle météorite martienne) pèse 233 g et a été classé parmi les Shergottites. Le dossier sur les météorites martiennes a été mis à jour pour tenir compte de ces nouvelles trouvailles.

 

Mars Odyssey Mars Odyssey affine sa trajectoire
[25 mai - 17:35] : La sonde Mars Odyssey vient d'effectuer sa première manœuvre de correction de trajectoire (TCM). Initialement programmé pour le 16 avril, cette manœuvre avait été finalement ajournée par la NASA, le lanceur Delta II ayant injecté la sonde vers Mars avec une précision inattendue. Le 23 mai, Mars Odyssey a allumé pendant 82 secondes ses moteurs auxiliaires pour ajuster sa course vers la planète rouge. Au cours de la manœuvre, sa vitesse a été altérée de 3,6 m/s. Mars Odyssey est actuellement à 14,3 millions de kilomètres de la Terre, et fonce vers son objectif à la vitesse de 29 km/s (par rapport au Soleil). Avant son arrivée sur Mars - prévue pour le 24 octobre 2001 -, l'orbiteur devra encore corriger sa trajectoire à quatre reprises.

 

Mars Odyssey La Terre et la Lune selon Mars Odyssey
[24 avril - 12:00] : La NASA vient de rendre publique deux images prises le 19 avril 2001, au cours du processus de calibration de la caméra THEMIS de Mars Odyssey. La première permet d'apprécier la distance séparant la Terre de la Lune. Au moment de la prise de vue, une bonne partie de notre planète était plongée dans l'obscurité. Grâce à son canal infrarouge, THEMIS
possède cependant des capacités de vision nocturne, ce qui explique que la totalité du globe terrestre soit finalement observable. Le point noir correspond à la région la plus froide visible (l'Antarctique) et le point blanc à la région la plus chaude (l'Australie). D'après la NASA, c'est la première fois qu'une image du couple Terre Lune en infrarouge thermique est obtenue depuis l'espace interplanétaire. La deuxième image, plus esthétique, montre uniquement la Terre. Vue en lumière naturelle, notre planète est apparue à Mars Odyssey comme un délicat croissant bleu se découpant sur le fond noir de l'espace. L'infrarouge permet à nouveau d'admirer la totalité du globe, y compris les régions qui dans l'image visible sont plongées dans la nuit. Dans ce mode, il est également possible de déterminer les températures de surface. L'instrument a ainsi relevé une température hivernale de -50°C pour l'Antarctique et une température nocturne de +9°C pour les terres australiennes. La précision des mesures est remarquable, puisque des stations météorologiques terrestres ont enregistré des températures pratiquement similaires à celles obtenues par THEMIS. Notons qu'au moment de la prise de vue, Mars Odyssey était déjà à plus de 3,5 millions de kilomètres de notre planète. Le pointage de la sonde devait donc être extrêmement précis, et l'on ne peut qu'applaudir la virtuosité des navigateurs. Mars Odyssey, qui fonce vers Mars à la vitesse de 3,3 km/s, est actuellement à 4,65 millions de kilomètres de la Terre.

 

Mars Odyssey THEMIS a été calibré avec succès
[20 avril - 10:20] : Hier, en vue de sa calibration, l'instrument THEMIS de la sonde Mars Odyssey a été allumé puis pointé vers la Terre et la Lune. D'après la NASA, tout s'est parfaitement déroulé (j'espère que les images obtenues dans le visible et l'infrarouge vont être rendues publiques !). Autre nouvelle, les ingénieurs vont vraisemblablement modifier l'orientation de la sonde pour éviter une surchauffe au niveau de l'antenne grand gain. Les capteurs situés au niveau de cette parabole, - actuellement pointée vers la Terre tandis que la sonde progresse vers Mars - ont effectivement enregistré des températures supérieures à celles attendues. L'orbiteur prendra sa nouvelle orientation la semaine prochaine, date à laquelle l'instrument MARIE sera activé. Mars Odyssey, qui fonce vers Mars à la vitesse de 3,3 km/s, est actuellement à 3,5 millions de kilomètres de la Terre.

 

Mars Odyssey Mars Odyssey en plein sur la cible
[17 avril - 17:00] : Les navigateurs de Mars Odyssey ont décidé d’ajourner la première manœuvre de correction de trajectoire (TCM), qui était initialement prévue pour le 16 avril. La fusée Delta II utilisée pour le lancement a apparemment fait un excellent travail, et la sonde file droit vers son objectif. Un ajustement de la trajectoire n'étant pas nécessaire pour l'instant, la première TCM est désormais programmée pour la fin du mois de mai. Dans les jours qui viennent, les ingénieurs vont activer et calibrer les instruments scientifiques. Le jeudi 19, la caméra THEMIS devrait acquérir une image de la Terre dans le domaine du visible et de l’infrarouge. Mars Odyssey, qui fonce vers Mars à la vitesse de 3,3 km/s, est actuellement à 1,5 millions de kilomètres de la Terre.

 

Meteorites Nouvelle météorite martienne
[10 avril - 22:30] : Le CNES a remis le 4 avril une nouvelle météorite martienne au CNRS. Initialement cataloguée sous le sigle NWA 840 auprès de la Meteoritical Society, elle a été rebaptisée Théodore-Monod en hommage au célèbre naturaliste français disparu l'année dernière. D'un poids de 28 g, la petite pierre va permettre aux scientifiques français de se faire la main sur des cailloux martiens, avant la mission franco-américaine de retour d'échantillons prévue pour le début de la prochaine décennie. La météorite Théodore-Monod a été découverte en novembre 2000 dans le désert du Sahara marocain par deux chasseurs de météorites français, Bruno Fectay et Carine Bidaut. Le CNES l'a acquis pour la modique somme de 300 000 francs. Même si la première météorite martienne connue est tombée un beau matin de l'année 1815 près de Dijon, la France reste assez défavorisée par rapport aux Etats-Unis lorsqu'il s'agit d'accéder à des caillasses martiennes. D'importants moyens financiers permettent à la NASA de mener de fructueuses campagnes de collecte de météorites - en particulier en Antarctique -, et donc de remplir facilement les tiroirs de ses laboratoires. On l'aura compris, la France n'a pas les moyens de se permettre ce genre de choses. Grâce à la trouvaille de Bruno Fectay et Carine Bidaut, le déséquilibre entre la France et les Etats-Unis va heureusement se combler un peu. A ce jour, Théodore-Monod est la 17ième météorite martienne connue.

 

Mars Odyssey Mars Odyssey est en route vers Mars
[9 avril - 15:40] : Mars Odyssey s'est envolée avec succès vers la planète Mars le samedi 7 avril à 17:02 heure française, depuis le centre spatial de Cap Canaveral en Floride. Des petites caméras embarquées sur le lanceur Delta II 7925 ont permis de suivre en direct le décollage, qui a été véritablement spectaculaire. Pour ceux qui n'étaient pas devant l'écran de leur ordinateur, il est possible de revoir en différé les six premières minutes de ce grand moment en cliquant ici. Le lancement s'est parfaitement déroulé et contrairement aux habitudes de la navette spatiale, la sonde est partie à l'heure, dès sa première opportunité de lancement. Les données télémétriques en provenance de Mars Odyssey indiquent que tous les systèmes fonctionnent de manière nominale. Un capteur de température sur l'un des panneaux solaires a bien déclenché une alarme, mais l'incident s'est finalement révélé sans gravité. La première manœuvre de correction de trajectoire, qui va permettre d'ajuster finement la trajectoire de la sonde, aura lieu le 16 avril. La vitesse de Mars Odyssey sera altérée de seulement 6 mètres par seconde, ce qui permettra d'économiser du carburant. Le voyage de Mars Odyssey vers la planète rouge a donc parfaitement débuté ...

 

Mars Odyssey Départ imminent pour Mars Odyssey
[6 avril - 11:45] : L'orbiteur Mars Odyssey s’envolera vers Mars à bord d’une fusée Delta II 7925, qui partira du pas de tir 17A du centre spatial de Cap Canaveral en Floride. La fenêtre de tir s’ouvre le 7 avril et se renferme le 27 avril, 21 jours plus tard. Elle comprend deux périodes : une période principale (du 7 au 18 avril) et une période secondaire (du 19 au 27 avril). Si la sonde ne décolle pas durant la période principale, elle arrivera sur Mars avec une vitesse assez élevée, ce qui augmentera la durée du freinage atmosphérique et diminuera le temps consacré aux observations scientifiques. Chaque jour deux opportunités instantanées de tir - espacées de 30 à 90 minutes - ont lieu. Selon la date du lancement, Mars Odyssey arrivera sur Mars entre le 17 et le 28 octobre. Inutile de vous dire que la tension est particulièrement vive à Cap Canaveral. Après les deux désastres de 1999, la NASA ne peut plus se permettre le moindre impair. L'agence spatiale américaine a fait tout ce qu'elle pouvait pour assurer le succès de la mission, en vérifiant de nombreuses fois le moindre boulon et la moindre ligne de code, mais dans le spatial, le risque zéro n'existe malheureusement pas.

 

Mars Polar Lander La NIMA retrouve Mars Polar Lander !
[20 mars - 16:10] : L'agence nationale d'imagerie et de cartographie américaine, la NIMA, aurait retrouvé la sonde Mars Polar Lander, qui a disparu corps et âme le 3 décembre 1999 au-dessus du pôle sud martien. Plus habitués à scruter des images de camp militaire prises par des satellites espions que des clichés de la surface martienne, quelques analystes de la NIMA ont décidé d'occuper leur temps libre en recherchant le malheureux atterrisseur. Pour cela, ils ont torturé numériquement pendant de longues heures des images de Mars Global Surveyor. La NASA, qui s'était livrée à une recherche similaire en début d'année, avait été dans l'incapacité de localiser la sonde, le bouclier thermique ou même le parachute. Mais les yeux de lynx de la NIMA, qui sont passés maître dans l'art de retirer d'une image floue et pourrie le maximum d'information, auraient fini par trouver quelque chose. Dans un article paru sur le site Space.com, on apprend ainsi que Mars Polar Lander pourrait reposer sur ses trois pieds à la surface de Mars, parfaitement intacte ! Tout ceci est bien attendu à prendre avec la plus grande prudence, et de l'avis même de la NASA, il serait encore trop tôt pour tirer la moindre conclusion. Moi je serai la NIMA, j'enverrai Gene Hackman et Will Smith sur place pour vérifier si la sonde est bel et bien encore en un seul morceau. Oui, je sais, il faut que j'arrête de regarder Ennemi d'Etat !

 

NASA Des sous pour Mars !
[5 mars - 22:00] : La planète rouge n’a apparemment pas laissé indifférent le président américain George Bush. Pour l’exercice 2002, la part du budget de la NASA alloué à l’exploration martienne a effectivement été augmenté. On ne connaît pas encore tous les détails, mais il s’agit de rendre le programme martien plus « robuste » (on ne rigole pas dans le fond !). Revers de la médaille, Bush va amputer sérieusement la station spatiale internationale, annuler deux missions interplanétaires à destination du Soleil et de Pluton, et stopper purement et simplement les programmes X-33 et X-34. Plus inquiétant encore, le site de la Mars Society signale que la NASA a l’intention d’arrêter tous les développements technologiques ayant rapport avec l’exploration humaine de Mars. Je ne sais pas pourquoi, mais je crois que l’on va sérieusement commencer à regretter Al Gore …

 

Vie sur Mars Ou l'on reparle de la vie sur Mars
[5 mars - 22:00] : La NASA aime bien faire du neuf avec du vieux. On a appris la semaine dernière qu'une preuve édifiante en faveur de l'existence d'une vie martienne avait été extirpée des entrailles de la célèbre météorite ALH84001. Le hic, c'est que cette fameuse preuve avait déjà été présentée en août 1996, et qu'il n'y a donc rien de nouveau sous le soleil. Toute l'affaire tourne autour des cristaux de magnétite, un oxyde de fer doué de propriétés magnétiques. Sur Terre, certaines bactéries fabriquent des cristaux de magnétite pour les utiliser ensuite comme une boussole. Tout comme un randonneur en montagne, nos bactéries peuvent alors se guider sur les lignes de force du champ magnétique terrestre. Les cristaux de magnétite microbiens forment la plupart du temps de belles chaînettes régulières. Ils possèdent également une forme cristalline bien particulière, que les minéralogistes qualifient d'hexa-octahédrique tronqué. Aussi parfaits qu'uniques, les cristaux de magnétite d'origine biologique diffèrent de tout ce que l'on connaît par ailleurs. Pour l'instant, on n'a jamais pu trouver un seul processus chimique capable d'en fabriquer. Etant donné que les cristaux dénichés au cœur d'ALH84001 sont du même type que ceux secrétés par les bactéries terrestres, la NASA en a conclu qu'ils devaient forcément avoir une origine biologique, et qu'ils provenaient vraisemblablement d'une bactérie martienne. De tous les arguments avancés par la NASA pour démontrer l'existence de fossiles martiens dans la météorite ALH84001, celui des cristaux de magnétite reste le plus convaincant. Pourtant, il ne s'agit pas d'une preuve définitive, loin de là. Ce n'est pas parce que personne n'a encore été capable de mettre la main sur des cristaux hexa-octahédrique tronqué en dehors d'une cellule bactérienne qu'il n'existe pas un mécanisme inorganique capable d'en tailler de superbes exemplaires. Si ces pièces de joaillerie sont très rares sur Terre, elles peuvent très bien - par quelques mystères martiens - abonder sur la planète rouge, et n'être en aucun cas liées à une quelconque activité biologique. Contrairement à ce que voudrait faire croire la NASA et certaines agences de presse complaisantes, le mystère demeure donc complet ...

 

MER Une ombre plane sur les rovers de 2003
[4 février - 17:15] : Les obstacles techniques semblent s’accumuler sur les deux rovers que la NASA compte envoyer vers Mars en 2003. Les ingénieurs se triturent les méninges pour trouver un moyen de rester en contact avec les robots lors de la phase critique d'atterrissage. Ils se demandent également comment gérer simultanément les communications avec les deux engins, sachant que le réseau du DSN qui sert aux communications interplanétaires sera complètement saturé en 2003. Les ingénieurs vont être aussi forcés de revoir le design des airbags, après avoir espéré reprendre tel quel ceux de Pathfinder.
Enfin, le dilemme habituel d'une mission spatiale, le poids, est également de la partie. Les responsables des rovers seront peut-être obligés de faire des concessions et d’abandonner un instrument scientifique pour dupliquer un système critique. Quelques rabats-joies sont même convaincus que pour tenir les délais et le budget, la NASA devra abandonner un des deux rovers ...

 

MER Les sites d’atterrissage des rovers de 2003
[4 février - 17:15] : Toujours à propos des rovers de 2003, un important meeting a eu lieu récemment au centre Ames de la NASA en Californie. Objectif : effectuer une première sélection des sites d’atterrissage. 40 sites ont été retenus sur un total de 185, et 9 ont été jugés hautement prioritaires. Parmi ces derniers on trouve le secteur riche en hématite de Sinus Meridiani (le grand favori), le cratère d’impact Gale et ses terrains sédimentaires, le cratère d’impact Gusev situé à l’embouchure d’une belle vallée fluviale (Ma'adim Vallis), et deux autres sites dans les plaines d'Elysium et d'Isidis. Cerise sur le gâteau, la NASA a aussi considéré avec sérieux des sites dans l’immense canyon de Valles Marineris. Personnellement je ne vois pas trop l'agence spatiale américaine prendre le risque de faire atterrir l’un de ses robots dans cette région aussi spectaculaire qu’accidentée, mais bon, on peut toujours rêver !

 

MGS Mars Global Surveyor perd le Nord
[29 janvier - 21:00] : L’une des roues à réaction de Mars Global Surveyor, qui permet à la sonde à contrôler son orientation, s’est désactivée suite à un court-circuit. Un dispositif de secours identique a immédiatement pris le relais, permettant ainsi à l’orbiteur de continuer normalement sa mission. Il est peu probable que la roue à réaction puisse à nouveau fonctionner. Si une deuxième devait subir le même sort, Mars Global Surveyor devrait utiliser ses petits moteurs de contrôle d’attitude pour maintenir son orientation dans l'espace.

 

NetLander La NASA embarque sur NetLander
[10 janvier - 23:00] : L’agence spatiale américaine vient de confirmer sa participation au projet NetLander. Mission européenne placée sous responsabilité française, NetLander a pour objectif d’établir à la surface de Mars un petit réseau géophysique et météorologique. La contribution américaine va porter sur le seismomètre à courte période, les capteurs de vents de la station météo, et la composante orbitale de l’expérience de géodésie. Ces instruments seront financés dans le cadre des « missions d’opportunité » du programme Discovery, grâce à une enveloppe de 35 millions de dollars. La Planetary Society va aussi financer de son côté un microphone similaire à celui qui équipait Mars Polar Lander. Notons que les « missions d’opportunité » du programme Discovery ont déjà permis à la NASA d’être présente sur Mars Express. Pour cette mission de l'agence spatiale européenne, la collaboration porte sur l’instrument scientifique ASPERA-3.

 

Mars Odyssey Préparation du lancement de Mars Odyssey
[8 janvier - 22:45] : L’orbiteur américain Mars Odyssey est arrivé le 4 janvier au centre spatial Kennedy en Floride. Deux des trois instruments scientifiques ainsi que les panneaux solaires vont être montés sur la sonde. Le plein sera fait et l’orbiteur subira ensuite une vérification générale, avant d’être fixé sur l’étage supérieur d’une fusée Delta II. Le lancement est toujours prévu pour le 7 avril 2001. Moi je serais les petits gars de la NASA, je contrôlerais à plusieurs reprises le moindre boulot. L’agence spatiale américaine n’a effectivement plus droit à l’erreur avec les sondes martiennes ...

 

Meteorites Une météorite martienne de plus !
[8 janvier - 22:45] : Une nouvelle caillasse martienne vient d’être ramassée dans le désert du Sultanat d’Oman, à proximité de la zone de récolte de deux autres pierres martiennes (Sayh al Uhaymir 005 et Sayh al Uhaymir 008). Ces trois météorites pourraient provenir d’une seule et même roche qui se serait fragmentée avant d’arriver au sol. Baptisé Sayh al Uhaymir 051, ce nouveau spécimen en provenance de la planète rouge pèse 436 grammes et a été classé parmi les Shergottites.

 

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